Bon, alors, le cannabis…

 

Vous vouliez un rapide petit portrait ?

Ok, voici…

 

Le cannabis, c’est est une plante.

Originaire des régions équatoriales, mais qu’on trouve maintenant dans la plupart des régions du globe.

Il existe, grosso modo, deux sortes de cannabis.

Des espèces qu’on utilise dans l’industrie, qui contiennent peu de THC (on voit dans deux secondes ce qu’est ce THC) et dont les fibres, très résistantes, sont utilisées depuis des millénaires pour le textile, le papier et les cordes.

Et des espèces consommées pour leurs effets psychotropes, qui contiennent assez bien de Tetra-Hydro-Cannabinol (le THC dont je parlais ci-avant), et dont on consomme soit les fleurs (la marijuana, entre 0,1 et 25% de THC), soit la résine issue de la plante (entre 10 et 30% de THC), soit l’huile (qu’on récupère à l’aide d’un solvant, entre 60 et 80% de THC).

C’est le THC qui est responsable des propriétés « psy » de la plante.

 

On le consomme à des fins récréatives (pour son effet théoriquement relaxant et euphorisant), ou à des fins médicales (principalement en tant que stimulant de l’appétit chez les malades dénutris, atteints de cancers ou de SIDA).

 

N’en déplaise aux amoureux de ce produit, il s’agit d’une drogue.

Plus ou moins douce, peut-être (nous allons voir ce qu’il en est), mais une drogue quand même.

Parce que, pour parler de drogue, il faut certaines caractéristiques, et parce que ces caractéristiques existent bien avec le cannabis.

Par exemple, il faut une altération de la conscience. Le cannabis altère bien la conscience de la personne qui en consomme … puisque c’est justement pour ses effets relaxants et euphorisants qu’il est consommé.

Il faut une dépendance. Elle existe ! Une dépendance psychique modérée, et une dépendance physique faible, mais il y a bien dépendance. Moins qu’avec l’alcool ou avec la clope, c’est vrai, mais dépendance quand même.

Et qui dit dépendance, dit effet de manque lorsque l’on se sèvre. Bon, ok, il est peu probable que vous soyez prêt à tuer pour avoir votre dose en cas de manque, mais ce manque existe bel et bien, même si vous ne vous sentez « que » légèrement nerveux.

Il faut aussi une accoutumance. Là aussi, elle existe. N’en déplaise toujours aux consommateurs qui veulent défendre leurs produits, une légère accoutumance est liée au cannabis. Si vous fumez un joint chaque jour, il est fort probable qu’au bout de quelques mois, vous passerez à deux joints, puis à trois…

Donc, drogue, puisque les principales caractéristiques sont présentes.

 

Oui mais (va rétorquer l’accroc au cannabis), c’est quand même moins dangereux que certaines autres drogues (comme la cocaïne, l’héroïne, ou même l’alcool ou le tabac) ?

Ha ?

En êtes-vous vraiment sûr ?

Je vous l’ai dit : voici quelques années, nombreux étaient ceux qui pensaient que le cannabis était (relativement) inoffensif (et j’en faisais partie).

Aujourd’hui, nous en sommes moins sûrs.

Nous commençons même à être sûrs du contraire !

Enfin, non, pas tout-à-faite « le contraire », parce qu’il n’est pas aussi dangereux que les autres drogues dites « dures », c’est exact, mais, bon, il est loin d’être inoffensif !

 

Si vous en consommez occasionnellement (une fois tous les deux-trois mois), le cannabis provoque ce que l’on appelle une « intoxication aiguë », appelée aussi « ivresse cannabique ».

Normal, … c’est quand même un peu le but recherché par le consommateur…

Cette intoxication commence soit par une sensation d’exaltation et d’euphorie, soit par l’inverse, une sédation ! Traduction : ou bien ça vous excite et vous éclatez de rire au moindre pet de mouche, ou bien vous roupillez !

Les effets se manifestent pendant quelques heures (si vous n’êtes pas accroc, parce que si l’accoutumance existe déjà chez vous, vous n’aurez ces effets que durant quelques dizaines de minutes) par quelques perturbations psychiques qui sont plus ou moins réversibles et sans trop de séquelles par la suite.

Par exemple, …

… votre mémoire vous joue des tours (et ça, même avec une seule prise, ça peut perdurer plusieurs jours : ne vous étonnez pas si, après un seul joint le samedi soir, vous n’arrivez plus à vous rappeler le nom de votre principal client le lundi au bureau),

… votre vue est troublée (tous vos sens le sont, mais surtout votre vue),

… vous êtes désorienté,

… vous n’arrivez plus à faire suivre à vos pensées un cours normal,

… vous ressentez – au choix, et c’est variable d’une prise à l’autre – de l’anxiété (voire carrément de l’angoisse), de l’euphorie, de l’irritabilité, de la tristesse, une dépersonnalisation (qui peut aller jusqu’au délire, ou même jusqu’à des hallucinations),

… vous ressentez parfois des bouffées de chaleur, des nausées, des vertiges, une augmentation de votre appétit,

… vous subissez des troubles de la coordination de vos mouvements (voire vous vous endormez = attention si vous devez conduire ou vous servir d’une machine outil),

… mais, bon, après tout, je le répète, c’est le but recherché.

 

Sauf que …

J’ai bien dit (et je l’ai souligné) que tout cela était plus ou moins réversible et sans trop de séquelles par la suite.

Si pour vous, occasionnellement, ça ne veut pas dire « une fois tous les deux-trois mois », mais une fois toutes les deux-trois semaines, ou une fois par semaine (voire plus!), ne vous étonnez pas si certains de ces effets deviennent nettement moins réversibles, nettement plus permanents !

Votre joint « occasionnel » du samedi soir pourrait vous causer de tels ennuis de mémoire (par exemple) que vous pourriez devoir tirer un trait sur votre travail (s’il demande une mémoire infaillible). Ou vous faire prendre un platane le lundi suivant. Ou vous obliger à prendre des anxiolytiques à vie pour combattre des crises d’anxiété ou pour vous empêcher de vous retrouver aux urgences suite à des crises d’angoisse carabinées. Ou vous faire vous cogner partout quand vous faites quelques pas. Sans compter qu’une consommation « moins occasionnelle » peut, à très court terme, vous « habituer » à reporter à plus tard les solutions à vos problèmes quotidiens (vous devenez trop passif, ce qui risque grandement de nuire à votre vie relationnelle et socio-professionnelle)…

Mais à part ça, le cannabis, c’est une drogue « douce », n’est-ce pas ?

Et comme me l’a un jour dit quelqu’un (c’était à propos de la bière, mais ça s’adapte sans problème au cannabis), « c’est fun d’être bourré »…

M’ouais… Si vous l’dites…

 

Et « une fois tous les deux-trois mois », c’est déjà beaucoup !

Parce que votre cerveau n’apprécie pas du tout d’être « bourré », lui !

Même occasionnellement…

Bon, soyons clairs : si vous avez le QI d’Einstein, vous n’allez pas devenir un crétin pour autant (encore que…).

Mais une étude néo-zélandaise, qui a épluché les caractéristiques de consommateurs relativement réguliers (quatre joints par semaine, pas plus) qui avaient entre 18 et 38 ans, a quand même remarqué que ces braves jeunes gens perdaient jusqu’à 8 points de QI.

La cerise (empoisonnée) sur le gâteau, c’est qu’après diminution, et même arrêt total de la consommation, aucune des personnes étudiées n’a retrouvé son QI initial.

 

Ce n’est pas la seule étude qui démontrait des troubles de la mémoire et de la concentration chez leurs fumeurs de cannabis, et c’est assez logique quand on sait que les « taffeurs » présentent une baisse de 20% des transporteurs de la dopamine (laquelle dopamine aide à la transmission des infos entre les neurones).

Bon, alors, que vous vous mettiez au cannabis à l’âge de 75 ans, ma foi, ce n’est pas encore trop grave : vous ne ferez qu’accentuer un peu plus votre Parkinson, par exemple, mais si c’est un adolescent qui se met à fumer son joint quotidien (ou même hebdomadaire), là, ça devient plus grave, parce que son cerveau est encore en développement, et … ledit développement va être bien compromis.

 

Finalement, mieux vaut devenir crétin que mourir, allez-vous dire … mais, n’empêche que si le risque de mort est nul (même en cas de doses importantes), le risque d’avoir une vie « désordonnée » (voir les effets – mémoire, coordination, anxiété, etc. – ci-dessus) est bien présent. Que préférez-vous ?

Et quand je parle de vie « désordonnée », j’entends également le risque bien présent de favoriser, de déclencher, d’amplifier certaines maladies psychiatriques graves (chez les personnes prédisposées).

La psychiatrie n’est pas ma branche de prédilection, aussi me contenterai-je de citer ce qui se dit dans certains milieux nettement plus au courant que je ne le suis à propos de ces maladies déclenchées par le cannabis : on parle de schizophrénie, ou de graves troubles de l’humeur, d’hallucinations, …, la complication la plus grave étant, paraît-il, la décompensation psychotique délirante, à thèmes de persécution…

 

Allez, un bon point quand même : le passage du cannabis aux autres drogues (dites « dures ») existe, il ne faut pas le nier, mais il est quand même assez rare … sauf chez des consommateurs ayant des troubles relationnels, et/ou une précarité affective assez intenses.

 

Et, dernier bon point, en cas de sevrage, oui, un léger syndrome (avec irritabilité et insomnie) peut se rencontrer, mais les symptômes disparaissent en quelques jours et peuvent être soulagés par un traitement léger aux anti-histaminiques (pour leurs propriétés sédatives).

 

Par contre, et ça, c’est un très mauvais point, … non seulement le cannabis ne combat pas le cancer comme certains le prétendent (*), mais en outre, chez les consommateurs très réguliers sur une longue période, les fumées de cannabis inhalées présentent un pouvoir cancérigène plus de dix fois plus puissant que celles du tabac (ça, c’est sur le long terme), et provoquent en outre (sur le court terme) une dilatation temporaire des bronches ainsi qu’un encombrement des voies respiratoires (d’où enrouement et bronchites à répétition).

 

Mais, bon, … « c’est fin d’être bourré », alors…

joint cannabis

 

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(*)  Bon, alors, le cannabis combat le cancer…

C’est le genre d’informations tapageuses qu’on retrouve de temps en temps sur le Net.

Vrai ou faux ?

Vrai, et faux…

Vrai, parce que, oui, si vous prenez une boîte de Pétri, que vous y placez des cellules cancéreuses, et que vous les aspergez d huile de cannabis … hop, c’est miraculeux, elles meurent ! Et, tant qu’on est dans les infos du même tonneau, je vous signale que le jus de citron aussi, il tue les cellules cancéreuses placée dans une boîte de Pétri (ces boîtes qui servent en labo à faire des cultures)…

MAIS …

Votre huile de cannabis (ou votre jus de citron), comment allez-vous en déposer une goutte sur chaque méchante cellule cancéreuse qui se trouvent à l’intérieur de votre corps ?

Ce n’est pas en fumant un joint (ni même en vous trempant dans une baignoire remplie de cette huile) que vous allez « arroser » chaque cellule !

Donc, dans la pratique, c’est faux que consommer du cannabis protègerait du cancer (au contraire dans le cas où vous le fumez), voire guérirait du cancer !

Je pense que c’était important de le préciser.

Et tant pis pour les amateurs du « complot mondial »…

 

 

 

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4 réflexions sur “Bon, alors, le cannabis…

  1. Petite précision quand même…
    Je disais qu’on ne mourait pas de prendre de cette drogue.
    Non, peut-être pas de la prise en elle-même … mais de ses effets, éventuellement, oui !
    Quand on voit (par exemple) que cette gentille drogue provoque des hallucinations, nul besoin d’avoir le QI d’Einstein pour arriver à imaginer ce qui risque de se passer si vous vous trouvez sur un passage à niveau et que vous voyez s’avancer vers vous, sur les rails, une gentille licorne rose souriante au lieu d’un train de marchandise lancé à cent à l’heure…
    C’est en me relisant ce matin après la publication que je me suis aperçu que j’oubliais de le signaler…

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  2. Merci pour toutes ces infos …
    J’ai, hélas, constaté les dégâts chez quelqu’un que j’aime bien !
    Bonne fin de semaine, bien au chaud …
    ♥ Bisoux ♥

    Ƹ̵̡Ӝ̵̨̄Ʒ dom Ƹ̵̡Ӝ̵̨̄Ʒ

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