16 août après-midi…

Happy Birthday to you !

Un centenaire, ça se fête !

Je vous offre un ballotin de pralines pour fêter ça… Servez-vous :

ballotin

Pardon ? Quel anniversaire fête-t-on aujourd’hui, demandez-vous ?

Bin, le centième anniversaire du … ballotin de pralines, pardi !

 

Sortons la DeLorean et remontons un (gros) siècle et demi en arrière.

  • En 1857 exactement, quand Jean Neuhaus s’associe avec son beau-frère pharmacien pour vendre des « bonbons pharmaceutiques » (pastilles contre la toux, blocs de chocolat, marshmellows, …). Ils ouvrent leur commerce dans les galeries royales Saint-Hubert à Bruxelles.

Avançons un peu dans le temps…

  • En 1912, Jean invente une petite bouchée au chocolat, qu’il appelle du joli nom de « praline », laquelle praline deviendra, au fil des années, un des symboles de notre pays les plus connus et les plus appréciés dans le monde entier.

À l’époque, les commerçants vendaient les pralines dans des cornets de papier (oui, comme les frites : on est en Belgique ou on ne l’est pas).

Mais, bon, une praline, c’est fragile. Et si les pralines du haut de la poche (c’est le nom qu’on donnait à ce cornet en papier) étaient intactes, il n’en allait pas de même avec les pralines du bas du sachet qui étaient généralement un peu écrabouillées !

  • En 1915, Louise Agostini, l’épouse de Jean Neuhaus, à force de réfléchir au problème des pralines écrasées, trouve LA solution : les arranger côte à côte dans une boîte en carton, poser une feuille de carton sur la première couche, puis une seconde couche de pralines sur la feuille (voire une troisième couche sur une seconde feuille…). Le ballotin était né !

Un PV de dépôt du brevet est rédigé le 16 août 1915 après-midi, vers deux heures et demie (heure belge ; le PV précise le moment exact selon l’heure d’Europe Centrale – on était en pleine guerre 14/18 – à trois heures vingt-six minutes).

Voici une copie du texte de l’enregistrement du « copyright » :

Monsieur Jean Neuhaus, confiseur, demeurant à Bruxelles, Galerie de la Reine, 25, se présente au greffe du Conseil de Prud’hommes de la ville de Bruxelles et y dépose une enveloppe cachetée qu’il dit contenir l’échantillon d’un modèle industriel (enveloppe en carton pour bonbons), dont il veut se réserver l’usage exclusif à perpétuité, lequel modèle, M. Jean Neuhaus, préqualifié, déclare se rapporter à l’industrie du cartonnage et à celle de la confiserie et du chocolat et de tous les autres produits alimentaires.

Et c’est rédigé par un greffier qui se nomme H. De Boelpape.

Le ballotin était né et enregistré !

Un ballotin que vous pouvez, encore de nos jours, acheter chez la plupart des chocolatiers belges…

 

Mais alors, Jean Neuhaus a fait fortune, avec le dépôt de l’invention de sa femme ?

Bin, non, pas exactement.

Parce que les autres chocolatiers, les amis de Jean qu’il rencontre régulièrement lors des réunions de l’Association royale des Maîtres Pâtissiers de Belgique, lui demandent s’ils peuvent utiliser ce concept pour leurs propres chocolats.

Et Jean Neuhaus, avec son bon cœur, préférant l’amitié de ses confrères plutôt que la fortune qu’il aurait pu se faire en vendant son brevet, a offert le ballotin à ses amis !

L’amitié et le chocolat ? Indissociable !!!

Si vous passez par Bruxelles, faites donc un détour par les galeries…

Neuhaus bxl

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