C’est dimanche, le jour de mon copain mexicain Allonzo Bistro !

Heuu, non…

Allons au resto !

Lorsque vous allez manger au restaurant, maintenant, vous allez pouvoir lire le journal la carte sur laquelle (ou plutôt « à côté de laquelle ») doit dorénavant figurer les allergènes connus (connus ! … pour les autres, évidemment, vous pouvez vous brosser…).

 

Une belle mesure hypocrite !

Hypocrite et débile (comme bon nombre de mesures « de précaution », d’ailleurs).

Pourquoi est-ce débile ?

Pourtant, la presse officielle (vous savez, ce truc « aux ordres » qui vous explique comment vous devez penser…) vous a raconté que c’était pour votre bien…

M’ouais… Évidemment, si la presse le dit, … !

 

Enfin, réfléchissez :

 

– Vous n’êtes allergique à rien : qu’est-ce que ça peut bien vous faire de savoir qu’il y a … je ne sais pas, moi … des traces de fruits à coques et de cacahuètes dans certains plats ?

 

– Vous êtes allergique à un produit bien précis. La cacahuète, par exemple. Qu’est-ce que ça peut bien vous faire de savoir qu’il y a … je ne sais pas, moi … des traces de fruits à coques et de cacahuètes dans certains plats, puisque vous ne commanderez de toute façon rien que vous savez contenir de la cacahuète. Et pour les plats dont vous ne savez pas s’ils en contiennent (exemple : le poulet à la moambe), ou pas, vous demanderez quand même au serveur… Vous allez me dire que si c’est écrit sur la carte, vous le saurez sans devoir le demander … sauf que la loi n’oblige pas d’inscrire sur la carte la liste des ingrédients potentiellement allergogènes après chaque produit proposé (sinon, ce n’est plus une carte, ni même un journal qu’on va vous tendre, mais carrément une encyclopédie). Donc, sur la carte, en dernière (ou en première) page, ou affiché au mur, vous allez lire (si vous en avez envie) un paragraphe indiquant que, par exemple, « conformément à la loi, nous sommes obligé de vous signaler que certains plats proposés sur cette carte pourraient contenir certains des allergènes suivants : crustacés, gluten, lait, moutarde, noix, œufs, poisson, … etc. … Demandez la liste détaillée des plats en contenant ». Allez savoir dans quel plat se cache tel allergène ! Donc, vous devrez quand même le demander et/ou demander la liste…

 

– Vous pouvez aussi être allergique « à quelque chose » … sans le savoir, et/ou sans savoir à quoi ! D’autant plus que les allergies peuvent aller et venir, et/ou se modifier ! Qu’est-ce que ça peut bien vous faire de savoir qu’il y a … je ne sais pas, moi … des traces de fruits à coques et de cacahuètes dans certains plats, si vous êtes allergique à la cacahuète et que vous ne le savez pas parce que vous n’en mangez jamais ou que vous êtes seulement allergique depuis hier ? Vous en commanderez peut-être quand même, et vous risquez quand même d’être malade, même s’il est inscrit sur la carte que certains plats contiennent des traces de fruits à coques et de cacahuètes…

 

Et puis, pourquoi se limiter aux 14 allergogènes (1) « les plus courants » ? Pourquoi ne pas obliger d’inscrire carrément la recette complète, avec chaque ingrédient, les proportions, … ? Exemple tout simple : je me suis découvert récemment une allergie à cette saloperie qu’est le glutamate de sodium : pourquoi n’aurais-je pas droit, moi aussi, de savoir dans quoi il y en a ? Je connais quelqu’un qui est allergique aux escargots. Pourquoi ne pas obliger les restaurateurs à inscrire sur leur carte que « attention, nos menus ont été fabriqués dans une cuisine qui produit des plats contenant des escargots » ?

 

Bref, en ce qui me concerne, je pense (et j’assume, au nom de ma liberté d’expression, ce que j’écris) qu’il s’agit d’une débilité sans nom…

Apparemment, je ne suis pas le seul à penser de même.

Les membres de la Fédération HORECA (2) Namur-Brabant wallon viennent de pondre une note que certains restaurants de ma région ont décidé d’afficher. Une note que voici, écrite avec tout le sel qu’on peut trouver dans une cuisine professionnelle :

 

« Nous ne souhaitons pas vous rendre malade plus que vous ne l’êtes déjà. Avant que d’entrer et de fréquenter les établissements horeca, inquiétez-vous de vos maux d’estomac, de votre mauvaise haleine, du bouton qui est apparu ce matin, de votre mal de dos, du doigt de pied qui vous fait mal. Peut-être êtes-vous allergiques aux radars sur la route, aux grèves, aux contrôles de contributions, à la TVA, aux taxes en tous genres, aux assurances qui augmentent etc. Rappelez-vous : fumer tue, courir tue, rouler en voiture tue, prendre l’avion tue, faire du sport tue, faire l’amour tue, ne pas manger aussi ! Si vous rentrez dans nos établissements, nous vous recommandons de ne pas paniquer, car nous connaissons le numéro de téléphone du centre antipoison. Nous avons les meilleures fréquentations car médecins, chirurgiens, allergologues ont chez nous leur rond de serviette. Ceci dit, nous ne savons pas ce qu’il y a dans les poudres de sauces « toutes faites » recommandées par l’Afsca. De plus, c’est un secret gardé dans un coffre blindé, nous ne saurons jamais ce qu’il y a dans le Coca-cola ! Alors, si vous êtes allergiques aux fraises, dites-le nous, et n’oubliez surtout pas de vous munir de votre certificat médical ».

 

……..

(1) CLIC pour la liste

(2) Le secteur HoReCa = hôtelleries, restaurants, cafés.

 

Bon appétit !

 

 

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7 réflexions sur “C’est dimanche, le jour de mon copain mexicain Allonzo Bistro !

  1. Complètement ridicule !
    Le gouvernement ferait mieux de chercher l’argent où il se trouve, plutôt que de pondre des âneries pareilles ! C’est une vraie pitié…

    On voudrait tuer l’Horeca, avec ça et les « caisses anti-fraude », q’on ne ferait pas mieux pour y arriver !
    Je n’allait déjà pas beaucoup au resto, mais… ça ne va pas m’y encourager !

    Bon dimanche quand même Eric.

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  2. Les « boîtes noires », et ça, oui, mais pas que … !
    Tu as déjà vu les normes de l’AFSCA ? Ce sont les plus dures de toute l’Europe !!! Inutilement, en outre…
    Et avec leur fameux protocole HACCP…
    Avant, tu étais restaurateur, et tu consacrais une journée par trimestre pour faire ta paperasserie.
    Aujourd’hui, tu es secrétaire avant de cuisiner !!!
    HACCP ? En théorie, c’est quelque chose d’intelligent, puisque ça permet (toujours en théorie) de repérer là où il y a danger (de contamination), et d’y remédier… En théorie… Parce qu’en pratique, ça veut dire écrire tout ce que tu fais, et faire tout ce que tu écris…
    Je te donne un exemple. tu es restaurateur et tu sers une mayonnaise à tes clients.
    D’abord, tu ne peux acheter que des produits « traçables » : pas question par exemple d’utiliser des œufs de tes poules, même si elles sont en meilleure santé que les poules de batterie.
    Ensuite, tu dois faire une fiche « mayonnaise » sur laquelle tu inscris :
    – œufs achetés tel jour tel lot tel magasin (non, ils ne demandent pas le prix), mais ils demandent de garder la preuve pour la traçabilité)
    – sel, acheté tel jour, dans tel magasin, avec tel numéro de lot
    – poivre (idem)
    – huile (idem) … etc (vinaigre, jus citron, …)
    Puis tu dois repérer les risques inhérent à chaque produit.
    Exemple : transport des œufs, camionnette réfrigérée ; jeter les œufs fêlés ou souillés ; stockage chambre froide maximum X jours, entrée tel jour, sortie tel jour…
    Puis il faut repérer les risques « globaux ». Par exemple, il faut signaler que tu as lavé ton cul de poule et ton fouet à l’eau chaude avec du savon, que tu les as essuyés avec de l’essuie-tout…
    Pense à inscrire aussi sur ta fiche que tu dois te laver les mains avant de préparer ta mayo, parce que sinon, c’est une grosse faute ! Tout le monde se lave dix fois les mains toutes les demi-heures, dans une cuisine, mais il faut quand même l’inscrire, sinon, les gens de l’AFSCA pourraient penser que tu fais ta mayo avec les mains pleines de cambouis… Et pense à préciser que tu te laves les mains dans un évier différent de celui dans lequel tu laves la vaisselle et différent de celui dans lequel tu laves tes légumes !
    Il faut ensuite transvaser le produit fini dans des pots, donc, signaler aussi qu’on a nettoyé les pots… Il faut étiqueter les pots « mayonnaise + date + heure fabrication » et ajouter sur la fiche et sur l’étiquette « à consommer avant tel jour » et comme c’est à base d’œufs crus, c’est en dizaine d’heures que ça se compte…
    Puis il faut signaler sur la fiche comment on sert la mayonnaise : en petits pots individuels (n’oublions pas d’indiquer qu’ils ont été nettoyés avant utilisation) par exemple, des petits pots qu’on doit emplir (et ça doit être inscrit sur la fiche) dix minutes avant d’envoyer à table, puis, une fois de retour en cuisine, qu’on doit directement vider du reste de mayo et laver à l’eau chaude…
    Etc. …
    Tu vois le jeu ?
    Et après on se demandera pourquoi si peu de restaurateurs font encore leur mayonnaise « maison » et pourquoi ils préfèrent utiliser une mayo industrielle ? Pas par facilité en ce qui concerne la cuisine (avec un Kenwood, une mayo se fait en quelques minutes sans se fatiguer !), mais pour éviter des paperasseries inutiles : c’est moins chiant de dire « j’ai acheté un pot de mayo » que de raconter tout ce qu’il faut faire pour en préparer un pot « maison » !!!
    Et pour chaque produit fini, c’est la même chose !
    Enfin, en théorie, parce qu’en pratique, bon nombre de restaurateurs « oublient » de dresser des fiches HACCP … et donc, ils se font tirer les oreilles lors du premier contrôle de l’AFSCA, à la suite de quoi, ils demandent des fiches (il y a un trafic qui s’est organisé autour de cette connerie) à des collègues, les photocopient, et hop, ils sont en ordre ! L’honneur est sauf !
    L’AFSCA n’a pas encore compris que la paperasserie ne remplaçait pas un bon cuisinier, et que ce n’était pas parce que le classeur HACCP était impeccable qu’on ne trouvait pas de saloperies dans l’assiette, mais, bon, de nos jours, la paperasserie est plus importante que le savoir-faire !
    Mais, bon, je t’embête avec mes histoires decuisine…
    Passe un bon après-midi, maistre Léo (et profites-en pour aller souper au resto avec Madame, parce que si ça continue comme ça, il n’y aura plus qu’une poignée de restaurateurs qui tiendront le coup en Belgique, et ils seront obligés, pour payer tout ce que l’état a décidé comme conneries, de te vendre le steak-frites-salade à soixante euros pièce !!!).

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  3. et tout cela parce qu’on s’américanise de plus en plus:
    Croyez vous sincèrement que tout cela est fait pour votre bien…blabalbla c’est uniquement pour se couvrir à tous les échelons entre vous et la tête de l’état en passant par le restaurateur, la DGCCRF (enfin, un truc comme ça…direction régionale des fraudes), la ville, le ministère et le dirigeant du pays

    1) pour les américains, tout ce qui n’est pas interdit est donc autorisé
    2) tout ce qui peut donner lieu à un procès en vue de gagner beaucoup d’argent, peut par conséquent faire l’objet de nouvelles lois et précautions.
    3) enfin, on peut être allergique à absolument tout , même sans antériorité, même à une altercation à la table voisine

    Ainsi le serpent se mort la queue et comme tu le dis, devenir restaurateur c’est choisir l’enfer. A tel point que même si j’aime cuisiner pas mal de choses et , tu le sais, faire tout moi même, si je dois un jour rouvrir quelque chose je me limiterai à un bar à soupe et à thé avec, c’est vrai quelques bricoles du genre, petits et moins petits gâteaux!
    Même chose dans mon domaine d’activité alimentaire (celle qui me fait manger): On passe plus de temps en procédures, derrière l’ordi, faire des FEI (fiches d’événement indésirable), commander le matériel et le linge, faire des réunions pour blalbabla en nouvelles procédures, qu’en entretien d’aide avec un malade qui souffre…tant et si bien qu’il devient plus rapide de lui donner un paracétamol que de faire une véritable éducation thérapeutique, lui expliquer que le paracétamol…etc etc…et qu’une bonne tisane de thym, du citron chaud et une écharpe la nuit auront raison de son angine…tant pis pour son foie… ça me prend une minute pour lui demander d’évaluer sa douleur (/10) et une pour lui donner le comprimé et surtout, ne pas oublier de valider et tracer tout ça sur son dossier et sur le logiciel de délivrance des médicaments avec mon paraphe, la date et l’heure (sur le dossier).

    TOUT VA MAL, Mon Dieu, Hippocrate et Apicius doivent se casser les os à force de se retourner dans leur tombe!

    Très croustillant tout ce que tu écris en commentaire sur les normes HACCP (déjà obligatoire au moment d’ouvrir mon restau) mais hélas…c’est la triste vérité…idem pour la crème anglaise

    mieux vaut rester chez soi et se faire sa mayo et son anglaise!

    bonne soirée, bise du dimanche soir

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    • Je suis en train de manger des crêpes. Je préfère ne pas imaginer toute la procédure à expliquer pour faire mon gâteau de crêpes selon mister HACCP !
      Et dire qu’il y a des p’tits marrants qui croient que, pour ouvrir un restaurant, il suffit de savoir cuisiner ! C’est encore ce qu’on regarde le moins quand il y a un contrôle ! Par contre, si tu as des registres tip-top à jour, et des petits pots avec de belles étiquettes dans ta chambre froide, et une caisse qui enregistre le moindre mouvement de tes serveurs, là, pas de problème, ton resto sera considéré comme parfait, même si les clients ne reviennent jamais tellement ce que tu leur sers est infect !

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