Mangez des fruits et des légumes …

Mangez des fruits et des légumes pour être en bonne santé !

Vous connaissez (même si vous n’êtes qu’une poignée à l’appliquer à la lettre) le slogan « pour votre santé, mangez cinq fruits et légumes ». Un slogan « un peu bêbête » (parce qu’il ne sert à rien*), mais l’idée en elle-même n’est pas si idiote que ça.

 

Revenons en arrière…

Une série d’études prouvent que notre flore intestinale ne se contente pas de favoriser notre digestion mais influence aussi sur notre comportement. Notre appétit, par exemple !

Jusqu’il n’y a guère, des comportements alimentaires comme la boulimie et l’anorexie étaient considérés comme des « maladies psychologiques ».

Un service – appelé «  Nutrition, inflammation et dysfonction de l’axe intestin-cerveau » – de l’INSERM à Rouen vient de découvrir que, sous l’effet du stress, certaines bactéries présentes dans nos intestins modifient leur comportement, ce qui influencerait le nôtre !

Serguei Fetissov et ses collègues de l’INSERM ont par exemple constaté que, sous l’influence d’un stress, certaines de ces bactéries (notre intestin en contient quand même cent mille milliards) produisent une protéine appelée ClpB. Laquelle protéine a une particularité : elle mime l’hormone de la satiété, la mélanotropine !

Et donc, ces bactéries envoient au cerveau un message chimique pour couper l’appétit !

Cela a été découvert à la fois chez l’homme et chez la souris. Chez les souris, une expérience a en outre été faite : quand on injecte des bactéries produisant la protéine ClpB chez les rongeurs, ceux-ci perdent l’appétit … et du poids !

Bref, il est fort probable que l’anorexie soit d’origine biologique et non psychologique !

Comme le dit Serguei Fetissov, « Il y a dix ans, personne ne voulait entendre que le microbiote influe sur le comportement. Aujourd’hui, nous pouvons reconstituer un scénario pour l’origine microbienne des troubles alimentaires ». Et il ajoute que, pour combattre l’anorexie, peut-être suffirait-il de vaincre les bactéries pathogènes (avec des antibiotiques ?), et d’ajouter des « bonnes bactéries », des … probiotiques.

 

Et quel rapport avec les fruits et les légumes ?

Minute, j’y arrive…

Une autre équipe – celle de Nathalie Castanon, à l’Unité de psycho-neuro-immunologie et nutrition de l’INRA, à Bordeaux, cette fois – a mis en évidence l’influence d’un autre composé bactérien, le lipopolysaccharide, qui est impliqué dans la survenue de pathologies comme l’obésité et le diabète de type 2.

C’est un produit très inflammatoire, qui provient de bactéries appelées « à Gram négatif ».

Quand on mange « occidental » (la malbouffe de nos pays, quoi), ce lipopomachin passe dans le sang et provoque la production de substances qui affectent le fonctionnement du cerveau et créent de l’anxiété et de la dépression !

Jusqu’à présent, on pensait qu’une personne obèse était déprimée parce qu’elle se voyait obèse, maintenant, on se rend compte que, finalement, cette dépression pourrait bien être d’origine biologique également : l’organisme est en quelque sorte intoxiqué par des substances produites par le microbiote suite à l’altération de la perméabilité du côlon due à une alimentation déséquilibrée (ou due à du stress).

Cette anxiété donne envie de manger plus, ce qui aggrave les problèmes intestinaux, ce qui augmente la production de substances toxiques, et c’est un cercle vicieux !

Là aussi, donner des probiotiques pourrait bien casser le cercle vicieux !

 

Et les fruits et les légumes… ?

Une minute, non d’une pipe ! Je cite encore quelques études, et j’y arrive, promis…

Déjà en 2006, une équipe de chercheurs de l’université Washington de Saint Louis, aux USA, a démontré le rôle des bactéries intestinales dans l’obésité. Lesdits chercheurs ont transféré un peu du microbiote de souris obèses à d’autres souris, ce qui a suffi à les faire grossir anormalement.

Quelques années plus tard, en 2013, une équipe franco-américaine a prouvé qu’en injectant, chez des souris, des éléments du microbiote récupéré chez des personnes minces, ça les protégeait de l’obésité !

Le projet européen Metagenomics of the Human Intestinal Tract a procédé à une recherche sur le génome du microbiote intestinal de personnes souffrant d’obésité. Il est apparu que les obèses (et les personnes à risque de contracter des troubles glycémiques, lipidiques ou vasculaires liés à l’obésité) souffraient d’une faible diversité bactérienne, les « méchantes bactéries » prenant trop de place face au « gentilles bactéries ».

Karine Clément, de l’Institut de cardiométabolisme et de nutrition, a coordonné une étude avec l’université Pierre-et-Marie-Curie à Paris, laquelle étude a démontré que, au plus le régime alimentaire est riche en pommes de terre, sucreries et boissons sucrées de synthèse, au plus les personnes en surpoids présentent des marqueurs d’inflammation métabolique et un microbiote appauvri.

Des chercheurs américains de l’université Cornell, dans l’État de New York, ont constaté que le système intestinal des personnes obèses ou souffrant d’un diabète de type 2 manquait aussi de certaines bactéries bénéfiques. Après quelques essai, ils ont prouvé qu’une famille de ces « bonnes bactéries » (les Christensenellaceae) était capable de corriger la transmission de l’obésité (en tout cas, chez la souris) quand on l’ajoute au microbiote.

À l’UCL (en Belgique), Patrice Cani a prouvé qu’en injectant une autre « bonne bactérie », Akkermansia muciniphila (une bactérie qui se retrouve rarement dans les intestins des souris obèses), on constatait rapidement une amélioration du métabolisme et une réduction de l’inflammation.

Et en 2012, l’équipe de Fredrik Bäckhed de l’université de Göteborg en Suède a réalisé une transplantation de matière fécale prélevée sur un volontaire mince, et injectée à des patients atteints d’un syndrome métabolique. À la suite de quoi, la glycémie à jeun des cobayes obèses a été corrigée (au moins temporairement) !

 

Oui, mais, et les fruits et les légumes… ?

Bin, justement, quel est le point commun de toutes ces « bonnes bactéries », que ne possèdent pas les « mauvaises bactéries » dont on parle dans toutes ces expériences ?

Heuuu ???

Elles sont capables de digérer, dans votre intestin, certains sucres complexes qui composent les … fibres végétales !

Et lors de cette digestion des fibres des fruits et des légumes, apparaissent des acides gras à chaînes courtes. Par exemple, le butyrate, l’acétate ou encore le propionate.

Butyrate qui est – comme par hasard (mais je ne crois pas au hasard) – l’énergie préférée des cellules épithéliales de votre intestin qui servent à former une barrière que les bactéries ne peuvent pas traverser.

En outre, ces acides gras à courte chaîne sont des puissants anti-inflammatoires.

Et, cerise sur le gâteau, ils stimulent la production de glucose (via des nerfs qui parcourent les intestins), ce qui réduit la sensation de faim et l’envie de stocker de l’énergie, d’où perte de poids !

Manger beaucoup de fibres (lesquelles fibres, n’en déplaise aux inconditionnels de la viande, se retrouvent dans un régime plutôt végétarien que carnivore), cela produit un changement, à la fois rapide (très rapide) et profond, du microbiote. Un changement qui est favorable aux « bonnes bactéries » capables de réguler l’appétit.

Donc, cette consommation de fibres végétales (de fruits et de légumes) réduit les risques d’obésité, de diabète et de troubles cardiovasculaires, …, et ce, en grande partie grâce à toute cette histoire de bactéries dans votre intestin !

Bref, pour rester en bonne santé et éviter les problèmes de diabète, de maladies cardiovasculaires, et d’obésité, mangez des fruits et des légumes !

 

Tout ça pour en arriver à cette conclusion ?

Bin, oui, mais, bon, vous et moi, nous savions depuis longtemps que c’est bon pour la santé (de manger des légumes et des fruits), mais nous ne savions pas par quels processus cette alimentation privilégiait cette bonne santé…

Aujourd’hui, nous le savons : c’est grâce aux milliards de bactéries (environ un kilo et demi à deux kilos) qui peuplent notre intestin !

 

Bon appétit !

 


 

* Il a été prouvé scientifiquement que ce slogan ne servait à rien chez les gens qui mangeaient déjà plein de fruits et plein de légumes (logique). Mais il a tout aussi scientifiquement été prouvé que, chez les personnes qui n’en consommaient pas assez, ce même slogan ne servait à rien … parce qu’il était perçu comme « emmerdeur » par ces personnes, lesquelles, ou bien ne changeaient rien à leur consommation, ou bien – pire – baissaient carrément leur consommation déjà bien faible par mesure de « rébellion » envers cet ordre asséné de manière répétitive !

 

 

 

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5 réflexions sur “Mangez des fruits et des légumes …

  1. Grâce à vous je le sais tout ça et c’est fait !!! Je fais des cures de probiotiques bio en plus , normalement mes intestins sont clean …. Bonne soirée Éric

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  2. Que sur ceux qui disent en ce qui concerne la pomme de terre est faut ,il est vrai qu’il faut privilegier la pomme de terre de couleur jaune lorsque vous la coupez en deux l’interieur de celle ci doit etre bien jaune ce qui est rarement le cas ,la variete s’appelle Nicolas et est plus chère à l’achat ,le problème est qu’ils profitent toujours de l’ignorance pour nous vendre de la mauvaise qualité meme dans le bio , la Nicolas on à du mal à la trouver à cause de son prix éleve et surtout car les gens ignorent sa grande vertue anti oxydante et son apport en sucre très faible par rapport à la blanche qui est cultivee intensivement par confort pour celui qui la cultive ,moins d’entretien .C’est lamentable comme ils cherchent toujours à nous flouer que ce soit dans le bio ou non ,juste pour qu’ils puissent s’enrichir à milliards sans etat d’ame ,sauf que eux savent et à nous ils veulent fourguer la cochonerie de mal bouffe meme dans les fruits et légumes .

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