Et si …

Et si cuisiner des plats-faits-maison était dangereux pour la santé ? 

 

Il y a de quoi avoir peur, quand on lit cette étude faite aux États Unis, non ?

Je vous résume l’étude en question : une recherche portant sur 2.700 femmes conclut que celles qui cuisinent longtemps présentent plus de risque de maladies cardiovasculaires !

Rien que ça…

D’un côté, plein de gens qui affirment qu’il est préférable pour la santé de passer du temps à préparer de bons petits plats, de l’autre, cette étude qui jette un pavé dans la mare…

 

Mais, bon, qu’en est-il vraiment ?

Est-ce que le temps consacré à la cuisine est le gage d’une alimentation saine ?

C’est surtout ça, la question qu’il faut se poser…

 

Aux USA (et, par la suite, chez nous), depuis les années 60, la courbe du temps passé à la cuisine et celle de l’obésité n’ont cessé de varier d’une manière inversement proportionnelle. Au moins on paissait de temps à la cuisine, au plus on grossissait. Mais les deux courbes sont-elles pour autant liées ?

 

Dans cette étude de Preventive Medicine, les chercheurs ont suivi, durant 14 ans, 2.755 femmes âgées de 42 à 52 ans, pour savoir si le temps passé à préparer des repas était lié aux facteurs de risque cardiométabolique (hypertension, problèmes de glucose à jeun, taux élevé de triglycérides, et niveaux bas de cholestérol HDL).

Résultat : apparemment, oui, le risque de syndrome métabolique augmente bien chez les dames qui avaient passé le plus de temps aux fourneaux !

 

M’enfin, ce n’est pas logique, allez-vous me dire, puisqu’au plus on cuisine, au moins on va manger des crasses dans les fast-food ?

Oui, mais…

Cuisiner, c’est bien… Encore faut-il cuisiner « bien »…

Qu’y a-t-il dans vos assiettes ?

Les chercheurs ont découvert que bon nombre de ces cuisinières … mangeaient plus que les autres ! Elles s’autorisaient de plus grosses portions que les personnes mangeant des plats industriels !

C’est clair que si vous achetez une boîte de raviolis de 450 grammes, vous n’en mangerez que quatre cent cinquante grammes. Si c’est vous qui préparez vous-même vos raviolis, vous en préparerez peut-être cinq cents, ou six cents grammes par personne… Parce que vous n’allez quand même pas vous mettre aux fourneaux pour faire trois raviolis, n’est-ce pas ! Et, une fois à table, qui c’est qui va finir le plat, parce que vous n’avez quand même pas passé une heure en cuisine pour jeter les deux cents grammes qui restent ?

C’est apparemment la première raison : quand on cuisine soi-même, il n’est pas rare que l’on mange plus !

 

Il existe une autre raison… Non seulement les cuisinières au quotidien ont tendance à se servir des assiettes plus copieuses, mais en outre, généralement, lesdites assiettes ne sont pas spécialement diététiques !

Je ne vais pas me faire que des amies en écrivant cela, je le sens, mais, bon, allez donc faire un tour sur la plupart des blogs des passionnées de cuisine, et regardez la liste des « bonnes petites choses » proposées… Plus de la moitié desdits blogs proposent quotidiennement des plats mijotés en sauce, des gâteaux, de la brioche, …

Ok, je comprends que, pour tant faire que d’écrire une recette sur un blog, autant en écrire une « compliquée », avec plein de « bons petits ingrédients » (de la crème, du beurre – ou de l’huile – de la farine, des lardons, …), que de dire « prenez une truite, posez-la sur la grille du four et laissez-la cuire une heure à cent-vingt degrés ». Mais si les personnes qui vous lisent (ou vous-même) exécutent ces recettes quotidiennement, il ne faut pas s’étonner que leur tension augmente en même temps que leur taux de cholestérol LDL…

 

En outre, troisième raison, quelle est la qualité de vos produits ? Exemple, on vous dit de cuisiner à l’huile plutôt qu’au beurre… Ok, mais utilisez-vous une bonne huile d’olive ou de colza, ou utilisez-vous une huile de tournesol (moins bonne pour la santé), ou un mélange d’on ne sait trop quoi ? Ou encore, noyez-vous d’office vos légumes dans de la sauce, souvent réalisée à base de beurre et de farine, par exemple ?

 

Bref, non, cuisiner soi-même n’est pas obligatoirement synonyme de « bonne cuisine diététique »…

Et donc, ces chercheurs de la Rush University Medical Centre de Chicago ont constaté que, malheureusement, bon nombre de ces cuisinières, pourtant de bonne volonté, mettaient leur santé en péril alors que ça devrait être le contraire…

 

Alors ?

Bin, alors, il faudrait revoir la copie en ce qui concerne les conseils donnés au public…

Vous vous rappelez probablement cette étude de 2014 qui annonçait que, juste conseiller aux gens de manger cinq fruits et légumes par jour, ça ne suffisait pas, parce que bon nombre de ceux qui suivaient ce conseil mangeaient souvent des fruits et des légumes « en plus » d’autre chose ? Il aurait fallu leur dire de manger ces fruits et ces légumes « à la place » d’autre chose !

Ici, c’est la même chose : dire aux gens de cuisiner eux-mêmes, c’est bien, mais ça ne suffit pas !

Brad Appelhans, qui a mené cette étude, pense qu’en plus d’encourager les gens à cuisiner, il faudrait aussi insister sur la qualité (et la quantité) de ce qu’on cuisine plutôt que sur le simple fait de cuisiner.

 

Bon, maintenant, relax… Ça, c’est UNE étude. D’autres études disent le contraire… Exemple cette étude publiée dans l’American Journal of Preventive Medicine, par des chercheurs de la School of Public Health de Seattle. Lesquels chercheurs ont comparé le temps de préparation des repas et l’alimentation chez 1.319 adultes suivis en 2008-2009 dans le cadre de la Seattle Obesity Study.

Lors de cette étude, il avait été constaté que le fait de passer plus de temps à la préparation des repas était associé avec une meilleure qualité de l’alimentation, tandis que ceux qui passaient moins d’une heure par jour en cuisine dépensaient plus en repas pris à l’extérieur et fréquentaient davantage les fast-foods.

Les gens de Chicago cuisineraient-ils moins bien que les gens de Seattle ? Ce n’était pas le même public, non plus… À Chicago, c’était « n’importe qui » (sans chercher un public spécial). À Seattle, on étudiait des personnes qui travaillaient activement et avaient envie de s’offrir « du confort ». Pour certains, ce confort passait par une bonne assiette, pour d’autres, c’était le fast-food…

 

Finalement, qui que ce soit qui prépare le repas, ce qui compte … c’est bien le contenu de l’assiette !

En quantité et en qualité.

 

ET, mesdames les blogueuses culinaires, continuez, sans culpabiliser, à nous proposer « des bons petits plats » … avec l’espoir que vos lecteurs et lectrices fassent preuve de bon sens et ne réalisent pas chaque jour chaque recette qu’ils lisent sur différents blogs ! Exécuter une recette « riche » de temps en temps, oui, pourquoi pas, mais chaque jour, brrrrr !

 

 

 

 

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10 réflexions sur “Et si …

  1. En parlant de ça je me suis achetée un cuit-vapeur. Pour les brocoli chou fleur etc. Marre d les faire cuire à l’eau.

    Sinon, personnellement j’ai remarqué que même, si j’ajoute de la crème ou autre matière grasse, ou sucre, il y en avait toujours moins que dans les produits industriels. Même pour une brioche 100% pur beurre (je m’amuse à faire des calculs parfois, j’aime les maths et contredire mon chéri).

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  2. Premio je propose plein de bonnes choses simplement au four ou simplement soupe…non je ne suis pas vexée, lol
    Deuxio, Ce n’est pas parce qu’on cuisine bon qu’il faut augmenter les portions: je cuisine, je barquette, je congèle et on mange portionné raisonnable car je sus une de celles qui prêche pour les portions raisonnables et d ‘ailleurs il faut que ça corresponde à al faim et pas plus (c’est à dire juste à ce que j’ai dépensé en énergie avant)
    Troisio, à force de manger dégeu ailleurs, il y a une période où la frustration engendrée par ce manque de saveur et de bons plat, va être compensé pendant quelque temps par une augmentation des rations; il faut y être attentif
    Moralité: toujours rester sur la quantité et non la quantité, le cerveau sera content et ne réclamera pas un gavage, « oui mais c’était trop bon »….ok, de temps en temps, il faut oublier son côté enfant et redevenir adulte!
    Que vau t il mieux, manger du bon en petite quantité ou du mauvais en pleine assiette? au niveau calorie, ça revient au même . C’est sur que si on est de ceux qui sortent d’un repas en disant « on a super bien mangé » simplement parce que leur assiette était bien remplie…alors …je ne m’incline pas. Personnellement je préfère manger un osso bucco de 500 calories que 500 calories de tranche de dinde et haricots verts sans huile d’olive (quoique j’adore les bons haricots verts frais cuits vapeur, filet d’huile d’olive, accompagnés de riz complet mais si j’en mange 800 calories…j’ai tout faux!).
    Bonne journée Eric

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  3. adepte d e la cuisine maison aussi
    je cuisine à peu prés tout
    mais il faut faire attention je suis d accord
    perso je ne mange pas de beurre , ne cuisine donc pas au beurre
    mais à l huile d olive je ne congéle pas non plus , donc je fait petites quantités tant pis

    je ne suis jamais allée dans un fazfooud , et je n aime pas les viennoiseries

    ma pâtisserie … j en fait mais peu et c’est toujours des tartes aux pommes pâte sans beurre moule qui ne colle pas donc pas beurré
    ( des crêpes aussi bien sur mais pas de beurre dans la pâte tant pis )
    en légumes des courgettes et des carottes j adore

    donc je ne sait si c est bien ou mal, de manger ainsi je regarde mon poids à cela je fait attention
    bonne journée Eric
    kénavo

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  4. Ai eu un tél hier soir d’un médecin : il semblerait que ma fille soit intolérante au gluten … Ai passé la journée au magasin bio, à tél à la cantine et à l’école, à lire trois millions de trucs sur internet, etc … pffff ! contente d’arriver au w-end ! Bonne soirée Eric

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  5. Je cusine assez bien, donc pourquoi se priver… Par contre je mise sur la qualite en bio et repas équilibrés un peu de tout avec modération !! Aujourd’hui j’ai fait un super gratin de poissons pechés avec moules, petites crevettes, champignons etc… Une bonne scarole ,et salade de fruits citronnée tout simplement, en moins d’une heure . Non pour les restos et les fast Food c pas de qualite et très coûteux bon week-end Éric

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  6. C’est vrai Eric, je vois bien que peu de gens savent comment cuisiner « santé » et du coup « pas gras » = lait, beurre, crème… Ou pire, ils cuisinent avec des produits lights, des produits raffinés…
    Qualité et quantité ♥

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