Ça se passe au Japon.

Non, je ne vais pas vous raconter l’histoire de ces Japonais qui croyaient en la réincarnation et qui étaient persuadés qu’ils allaient se réincarner en chevaux puisqu’ils étaient déjà poneys…

 

Un peu de sérieux, voyons!

OK…

Des chiffres, d’abord (des lettres ensuite) :

En 2010, le Japon aurait eu besoin de deux millions de personnes pour prendre soin des personnes âgées en perte d’autonomie, mais elle n’avait que 1.330.000 employés disponibles.

En 2025, dans dix ans, il faudrait quatre millions de travailleurs pour s’occuper des personnes âgées de plus en plus nombreuses, et même avec une incitation à suivre des formations, il va manquer environ un million d’employés…

Une possibilité : faire appel à de la main d’œuvre étrangère ?

Pas trop dans l’esprit du Japon, ça…

Alors, le Ministère de la Santé et le reste du gouvernement japonais ont réfléchi, et ont trouvé la solution : le Japon va développer des … « robots de soins » !

 

Oufti, ça va coûter cher !

Bah, non, pas nécessairement…

Le gouvernement a décidé d’accorder des subventions pour aider les entreprises à développer des robots de soins à faible coût…

 

Oui, mais, à faible coût, ça veut dire quoi ?

Et bien, au détail, ce genre de robot pourrait se vendre cent mille yens…

 

Heuuu ? Oui ? Et en euros ?

Cent mille yens, c’est environ sept cents euros !!!

Le gouvernement envisage de sortir dès cette année, des subventions d’un montant de presque dix-sept millions d’euros (16,818 millions exactement, soit deux milliards quatre cent millions de yens), pour étudier quatre types de robots : des robots pour aider à soulever et déplacer les personnes âgées afin de réduire le nombre d’aidants humains (actuellement, il faut deux ou trois personnes pour faire ce travail, avec ce robot, une seule suffirait), des robots pour aider les personnes âgées à marcher, des robots-toilettes portables et auto-nettoyants pour faciliter l’utilisation sécuritaire de la toilette, et des robots de surveillance pour suivre les mouvements et les allées et venues des personnes atteintes de démence.

 

Bon, alors, il faut savoir que des entreprises japonaises ont déjà développé des robots humanoïdes qui peuvent lever et soutenir les patients. Mais ils coûtent la bagatelle de vingt millions de yen pièce (140.000 euros) et donc, ils ne sont évidemment pas très utilisés chez Monsieur et Madame Tout-le-Monde !

Avec ses subventions, le gouvernement japonais espère la commercialisation rapide de robots bien moins chers grâce à une production de masse.

 

Rapide ?

Dès 2016 !

 

Chez nous aussi, le manque de personnel se fait cruellement sentir pour aider les personnes âgées qui perdent leur autonomie.

Et l’utilisation de robots en fait rêver plus d’un…

Par exemple cette chercheuse en gériatrie, Louise Aronson, de l’Université de Californie à San Francisco, qui expliquait dans le New York Times en juillet dernier que ce serait formidable d’avoir des robots pour compléter les soins humains.

Elle écrivait ceci :

Puisque le robot aidant ne nécessite pas de sommeil, il serait toujours alerte et disponible en cas de crise. Pendant que la personne dormirait, le robot pourrait faire la lessive et d’autres tâches ménagères.

Quand la personne se réveillerait, le robot pourrait l’accueillir avec une voix humanoïde gentille, l’aider à sortir du lit en toute sécurité et s’assurer qu’elle soit propre après avoir utilisé la toilette. Il ferait en sorte qu’elle prenne les bons médicaments dans les bonnes doses. Au petit-déjeuner, il pourrait discuter avec elle de la météo ou des nouvelles.

Et puis, parce que la personne n’a pas une bonne vue, il lui offrirait de lui faire la lecture. Ou peut-être lui fournirait-il un affichage électronique d’un livre en gros caractères avec l’éclairage qui convient parfaitement à ses yeux affaiblis. Après un certain temps il lui dirait: « Je me demande si nous devrions prendre une pause de la lecture dès maintenant et vous habiller. Votre fille vient vous visiter aujourd’hui ».

La vie de personnes âgées en perte d’autonomie et vivant de la solitude serait agrémentée.

 

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Vous imaginez-vous, dans dix ans (vingt ans, trente ans), en perte d’autonomie, et comptant sur un robot (ou sur des robots) pour vous aider à mieux vivre tout en restant dans votre propre maison ?

Ou, si vous choisissez d’aller terminer votre vie dans une « maison de retraite », trouveriez-vous « normal » que l’infirmière humaine soit accompagnée d’un robot pour l’aider à s’occuper de vous, voire qu’un robot s’occupe seul de vous pour certains gestes simples ?

 

Bon, alors, relax… Nous sommes loin de ce feuilleton de science-fiction suédois (non, non, il n’a pas été réalisé par Ikea) « Real Humain », dans lequel des « Hubots » (Human Robots, des robots humanoïdes) remplacent les hommes au travail… Mais, bon, un jour, peut-être…?

 

 

 

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Une réflexion sur “Ça se passe au Japon.

  1. Tout dépend de notre état de « dépendance » …
    L’idée me fait sourire, mais je vais en parler à ma fille qui est débordée dans son travail. 😉

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