Dans la série …

Dans la série « je m’arrange pour relancer les ventes », voici une étude qui pourrait bien faire du bien – beaucoup de bien – à la vente d’aspirine !

Vous vous rappelez que je vous ai déjà souvent dit que si l’aspirine était inventée aujourd’hui, elle ne recevrait jamais d’autorisation de mise sur le marché.

Parce qu’elle est beaucoup trop dangereuse pour la santé…

Vu tous les inconvénients que cette molécule chimique recèle en ses flancs, de moins en moins de médecins la prescrivent, et donc, de moins en moins de gens en achètent (logique).

Et donc (tout aussi logique), de moins en moins de sous rentrent dans les caisses des fabricants.

Lesquels fabricants ne sont pas contents (toujours logique)…

Ils ont bien essayé de faire redécoller les ventes d’aspirines en multipliant les bonnes raisons (contre la fièvre, contre la douleur, contre l’infarctus et l’AVC, …, que sais-je encore : certains conseillent même d’en mettre dans les vases pour nourrir les fleurs coupées !) … en multipliant, disais-je, les bonnes raisons de prendre de l’acide acétylsalicylique (le « petit nom » de la molécule de l’aspirine), mais le client est méfiant (il y a de quoi : on découvre de plus en plus d’autres bonnes raisons de ne pas en prendre afin de préserver sa santé !)…

 

Mais…

Bonne nouvelle pour les industriels, la vente va peut-être être boostée par l’étude que vient de pondre le Centre pour la prévention du cancer de Londres…

Selon cette étude (cette méta-étude, plutôt, qui a compilé les données de 200 autres études) publiée début août dans Annals of Oncology, le journal de la Société européenne d’oncologie médicale, l’aspirine permettrait de prévenir les cancers digestifs !

 

Hé oui, c’est nouveau, ça vient de sortir : un peu d’acide acétylsalicylique quotidiennement, et adieu le risque de développer les principaux cancers digestifs (intestins, estomac et œsophage)…

Et, prenant les devants, l’étude conclut que, dans la balance bénéfices/risques, les bénéfices (de cette prévention anticancer) l’emportent sur les risques (de saignements).

 

Double bonne nouvelle pour les fabricants : cet effet anticancer ne commence à se faire sentir qu’à partir de cinq années de prise quotidienne, et même au bout de dix années si l’on est dans la catégorie des 50-65 ans !

Que du bénef !

Il paraît que prendre de l’aspirine durant dix années réduit de plus ou moins 30 à 35% le risque de cancer, et d’environ 35 à 50% les décès consécutifs, le taux variant avec le type de cancer…

Et, de toute façon, selon l’étude, il existe un impact de l’aspirine sur la réduction de l’incidence du cancer et la mortalité globale dans la population générale. Point barre !

 

Oui, mais, et les saignements ?

Le risque est faible, paraît-il, si l’on prend des précautions pour éviter les saignements et les hémorragies (je ne fais toujours que citer les auteurs !).

Et parmi ces précautions, on cite par exemple le dépistage de la bactérie Helicobacter pylori, responsable de « plein » d’ulcères gastro-duodénaux, ulcères qui sont susceptibles de saigner si l’on prend de l’aspirine de manière inconsidérée.

Ha bon…

 

Vu qu’on estime que la moitié de la population mondiale (environ 40% des Européens, mais ça peut monter jusque 80% dans les pays plus « pauvres ») héberge cette brave Helicobacter pylori (c’est quand même l’infection bactérienne chronique la plus répandue chez les humains après la carie dentaire !), c’est finalement une triple bonne nouvelle pour les fabricants de médocs qui vont pouvoir vendre encore plus d’antibiotiques (2 antibiotiques en même temps pour la combattre, et ça ne marche pas à tous les coups : dans ce cas, on passe à quatre antibiotiques !) pour combattre cette pauvre bactérie qui, dans 90% des cas, ne provoque aucun ulcère ni aucun cancer (heureusement)…

 

 

 

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