Ça fait des siècles

Ça fait des siècles années que je vous le dis : cessez donc de manger du sucre à la louche, et de manière générale, restreignez tout ce qui contient des glucides de manière « concentrée ».

Et puis, cessez de vous mettre au régime en traquant impitoyablement la moindre graisse dans ce que vous mangez, ça ne sert généralement à rien !

 

Traduction en ce qui concerne les glucides, les sucres : des fruits et surtout des légumes, oui…

Mais du sucre, du pain, de la pâtisserie, des patates, du riz, des pâtes, et des légumineuses (et de la brioche), NON !

En tout cas, pas en trop grandes quantités…

Et si une poignée de légumineuses est acceptable parce qu’elle contient des fibres (et des protéines) qui aident à « faire passer » le sucre sans faire exploser votre glycémie en quelques minutes, tout ce qui est raffiné est à éviter soigneusement (tout ce qui est à base de farine, par exemple)…

 

Pourquoi est-ce que je vous rappelle cela aujourd’hui, allez-vous me demander ?

Tout simplement parce qu’une étude est parue dans la revue Nutrition, qui confirme exactement ce que je vous ai dit : le moins de sucres (tous les sucres) possible !

Et accessoirement parce que j’aime bien vous faire part des recherches qui prouvent que ce que je vous raconte au fil de ce blog, ce ne sont pas, comme me le signale régulièrement mon troll, des mensonges ! Yerk yerk yerk…

 

Revenons à cette étude…

Richard David Feinman et vingt-cinq de ses confrères du SUNY Downstate Medical Center à Birmingham ont épluché tout ce qui s’est dit ces dernières années sur le sujet, et ils sont arrivés à la conclusion que les lignes directrices actuelles (en matière de nutrition) doivent absolument être modifiées !

Lignes directrices (officielles, pas celles des spécialistes – indépendants – de la nutrition qui ne s’intéressent pas à ce qui est politiquement correct ni à ce qui se dit dans les cours de médecine … puisqu’ils ne sont pas médecins) … lignes directrices, disais-je, qui, jusqu’à présent, conseillaient plutôt d’éviter de manger des machins gras mais conseillaient de manger des machins … sucrés.

Exemple de dogme qui vient d’être sérieusement malmené par les gens du SUNY Downstate Medical Center : ce n’est pas la pomme de terre qui fait grossir, c’est la sauce qu’on met dessus !

Exemple sur ce site officiel (vers la moitié de la page, là où il est marqué « les féculents, ça fait grossir ? »)

Oui, la sauce fait peut-être un peu grossir (surtout si l’on en avale une louche à chaque repas), mais la pomme de terre aussi, et elle est bien plus dangereuse pour la santé que la sauce, finalement !

Dangereuse pour tout le monde, mais surtout pour les diabétiques…

 

Ces scientifiques soulignent, dans leur étude, l’échec des conseils actuels de manger moins gras pour améliorer l’obésité, le risque cardiovasculaire et la santé générale, ainsi que pour diminuer les risques d’effets secondaires graves des médicaments antidiabétiques couramment prescrits (et dont on pourrait alors diminuer les doses).

 

Bref…

La patate, non, la sauce, oui, dirais-je en caricaturant (cela dit, si je n’ai pas de féculents sur lesquels mettre de la sauce, inutile d’en mettre du tout… logique… donc, la patate et le pain et le riz blanc et les pâtes, non – ou, en tout cas, très peu, pas trop – et la sauce, pas trop non plus : « de tout, raisonnablement », très raisonnablement).

 

Surtout pour les diabétiques, disais-je, mais pourquoi surtout pour eux ?

Logique… Encore et toujours logique…

Réfléchissons…

Le diabète, c’est quoi ? En gros, c’est une maladie de l’intolérance aux glucides…

Une alimentation faible en glucides est donc le premier traitement évident (ou, en tout cas, devrait l’être) pour « combattre » une intolérance aux glucides, non ?

Non ?

Pour les « charlatans » comme moi, oui, c’est évident, et pour ces scientifiques de Birmingham, oui aussi … mais pour les (prétendus?) « spécialistes » officiels, non !

Hé non…

Pour les « spécialistes », il paraît que réduire le sucre (le sucre « blanc », qu’on met dans son café) et les produits qui en contiennent (les biscuits, par exemple, ou … le chocolat !), cela suffirait.

D’ailleurs, ne lit-on pas, sur le site de Coca Cola la FFD (la Fédération Française des Diabétiques) que le diabétique doit manger (je cite) « pains, céréales, féculents et légumes secs / Consommation recommandée: à chaque repas » ?

Je n’invente rien… Si ce n’est plus écrit aujourd’hui dans les conseils, c’était encore visible le 2 août en soirée quand j’ai écrit cet article, en tout cas…

Or, ces féculents, ce pain, …, c’est quoi ? DU SUCRE (ou assimilé) ! Des « hydrates de carbone » ! Des glucides !

Que je sache, la farine qu’on emploie pour faire la baguette (conseillée) est la même que la farine qu’on utilise pour faire des biscuits (déconseillés, eux) : cherchez l’erreur !

 

Bref, si l’on en croit Richard David Feinman, Barbara Gower, et les vingt-quatre autres coauteurs de l’étude, « Réduire les glucides est le traitement évident » !

Et donc, avant de commencer à refiler des médocs (qui ne servent pas à guérir du diabète, en outre), la toute première approche de traitement du diabète …

… de type 2 = une alimentation faible en hydrates de carbones…

… de type 1 = la même alimentation faible en glucides + de l’insuline (puisque les dias de type 1 n’en produisent pas).

 

Ce qui est amusant également à constater, c’est que ces chercheurs reprennent bon nombre de mes propres arguments…

  • Ne vous ai-je pas dit, par exemple, que l’explosion des épidémies d’obésité et de diabète de type 2 coïncidait « comme par hasard » avec l’augmentation des conseils officiels de consommer plus d’hydrates de carbone ? Les chercheurs de Birmingham aussi…
  • Ou encore qu’une alimentation fortement réduite en sucre était la méthode la plus efficace pour réduire les taux de triglycérides (qui sont pourtant des graisses !) et d’augmenter les lipoprotéines de haute densité (ce qu’on appelle le « bon cholestérol ») ? Les chercheurs de Birmingham aussi…
  • Ou bien que diminuer drastiquement les sucres chez les diabétiques de type 2 réduisait voire éliminait leur consommation de médocs, et que chez les diabétiques de type 1, cela permettait de réduire les doses d’insuline ? Les chercheurs de Birmingham aussi, et je vais même vous citer ce que Barbara Gower disait à ce propos : « Pour bon nombre de personnes atteintes de diabète de type 2, une alimentation faible en glucides est un véritable remède. Elles n’ont plus besoin de médicaments. Elles n’ont plus de symptômes. Leur glycémie est normale, et elles perdent généralement du poids » ! 1

 

Mais, bon, sachant, par exemple (un cas parmi d’autres), que la FFD est « arrosée » (légalement subsidiée) par Coca Cola et Sanofi, l’un marchand de boissons sucrées, et l’autre marchand de produits « pour diabétiques », peut-être serait-il intéressant de leur poser la question de savoir si leur principale préoccupation, à la FFD, c’est bien de guérir les diabétiques (de type 2, en tout cas), ou si c’est de renvoyer l’ascenseur à leurs bienfaiteurs ? Je n’accuse pas, je me pose juste la question, en toute légitimité…

Mhhh ? Vous dites ? On ne peut pas guérir du diabète ? Ce n’est pas ce que prétendent les scientifiques de Birmingham, en tout cas…

Vous vous rappelez certainement que je vous avais déjà dit que des chercheurs avaient testé en Grande Bretagne un régime hyper drastique sur des diabétiques, et qu’à la suite de ce régime, la plupart d’entre eux avaient été guéris (ou, qu’en tout, cas, il y avait rémission sur le très long terme, … mais malheureusement, faute de subsides – les régimes sans sucre, ça ne rapporte probablement pas assez au lobby pharmaceutique – les tests n’ont pas été poussés plus avant) ?

(réf : étude de l’Université de Newcastle, publiée dans la revue médicale Diabetologia, revue éditée par l’European Association for the Study of Diabetes)

Hé bien, apparemment, ça se confirme…

Petit conseil quand même : si vous êtes diabétique, et que vous envisagez sérieusement (ce que je ne puis que vous conseiller) de supprimer TOUT ce qui est sucré de votre alimentation (ou presque tout : « de tout, raisonnablement », y compris un morceau de tarte aux pommes ou une crème glacée de temps en temps, pour ne pas « craquer » au bout de six semaines, et pour vous faire plaisir … mais raisonnablement), faites-le progressivement, et demandez à votre médecin de surveillez votre glycémie pour adapter vos doses de médicaments et/ou d’insuline !

Inutile de risquer une « hypo » chaque jour !

 

 

 

____________________________

1 Je vois d’ici mon troll se mettre à dénoncer à la FFD, à Sanofi, à Coca Cola, et au machin qui gère « mangerbouger.fr », les 26 membres de l’équipe de Birmingham qui ont osé prétendre qu’il ne fallait plus manger de glucides, et qu’il était possible de guérir du diabète… Ha mais, non, suis-je bête, ce ne sont pas ces scientifiques qui vont être dénoncés (mon troll n’oserait pas dénoncer des scientifiques, voyons), mais … moi… Pour exercice illégal de la médecine, peut-être, encore une fois ? Sauf que je ne vois pas beaucoup d’exercice illégal de la médecine dans le fait de révéler une étude scientifique parlant de nutrition, et parue dans une revue scientifique… Mais je t’en prie, fais-toi plaisir : tu aimes tant me dénoncer… J’ai l’habitude…

 

 

 

Le premier jet de ce texte a été écrit le 2 août à 22h58 (oui, j’écris mes articles longtemps à l’avance, et puis, j’étais « en repos », ce qui me permettait de prendre un peu d’avance … et de rattraper mon retard de lecture). Le lundi 4 août à 7h28, j’écrivais ces quelques lignes supplémentaires :

Information parue dans le Journal of the American Medical Association du 30 juin, et dans le Medical News Today le premier juillet.

Titre de l’article : « Le traitement à l’insuline pour le diabète de type 2 “peut faire plus de mal que de bien”. »

Je résume : si, chez les diabétiques de type 1 (ceux qui ne fabriquent plus d’insuline du tout), le seul traitement possible pour prolonger la vie (outre le régime sans glucide, qui ne sera malheureusement pas suffisant) est l’injection régulière d’insuline, dans le cas du type 2, c’est assez ambigu…

Si l’on commence le traitement relativement tôt (disons vers 45 ans), la lourdeur du traitement sera compensée par une possibilité d’augmenter l’espérance de vie de … 10 mois ! Au malade à voir s’il préfère vivre dix mois de plus et être enquiquiné durant des années et des années par des piqûres quotidiennes, ou avoir une meilleure qualité de vie (c’est-à-dire sans se piquer plusieurs fois par jour), avec le risque de voir son espérance de vie diminuée de dix mois. Il s’agit quand même de dix mois, quelque chose comme trois cents jours…

Mais s’il s’agit d’un diabète qui se déclare (ou qui se remarque) tard, par exemple à 75 ans, c’est-à-dire alors que le diabétique pourrait espérer encore vivre une dizaine ou une quinzaine d’années, l’étude se pose la question de savoir si ça vaut vraiment la peine de mettre en place un traitement pour gagner peut-être … une vingtaine de jours de vie en plus ! Les vendeurs de produits pour diabétiques vont dire oui, mais qu’en pensent les malades ?

 

Si un troll diabétique et inféodé à l’industrie pharmaceutique lit ceci, il va pouvoir envoyer une dénonciation supplémentaire contre la University College London, la University of Michigan Medical School et le Ann Arbor Veterans Affairs Hospital, d’où provient cette conclusion que ça ne sert pas toujours à grand chose de mettre en place des traitements lourds en cas de diabète de type 2…

 

 

 

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6 réflexions sur “Ça fait des siècles

  1. entièrement d’accord et c’est tres bien d’en avoir parlé avant.
    Mais lorsque l on est pas diabétique, pourriez vous nous dire ce que vous préconisez comme alimentation ?
    merci
    alain layrol

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    • Hé bien, la même alimentation que pour un diabétique, finalement : ce que Fabienne a résumé ci-dessous en disant « de tout avec modération, et de bonne qualité ».
      Personnellement, j’aurais dit « raisonnablement » au lieu de « avec modération », mais finalement, ça se rejoint un peu…

      Si je reprends mon texte (dans l’article) :
      Traduction en ce qui concerne les glucides, les sucres : des fruits et surtout des légumes, oui…
      Mais du sucre, du pain, de la pâtisserie, des patates, du riz, des pâtes, et des légumineuses (et de la brioche), NON !
      En tout cas, pas en trop grandes quantités…
      Et si une poignée de légumineuses est acceptable parce qu’elle contient des fibres (et des protéines) qui aident à « faire passer » le sucre sans faire exploser votre glycémie en quelques minutes, tout ce qui est raffiné est à éviter soigneusement (tout ce qui est à base de farine, par exemple)…

      Je pense avoir assez bien résumé les choses.
      Donc, par exemple le matin, non à la tartine de pain avec de la confiture ou du choco, non aux prétendues céréales qui ne sont que des sucreries, non au café au lait sucré… Sauf une fois de temps en temps, pour le plaisir (et pour ne pas se payer une crise de nerf au bout de deux mois de ce régime un peu trop contraignant).
      Ce matin, par exemple, j’ai mangé des kiwis. La semaine dernière, j’étais plutôt abonné aux bananes (je n’avais pas de temps pour vraiment déjeuner en me levant, et donc, je mangeais en conduisant vers Bruxelles : une salade de fruits, on oublie dans ce cas-là, mais une banane, c’est facile). Mais ça ne m’a pas empêché mardi matin de m’arrêter à la boulangerie chercher deux pains au chocolat, et vendredi matin deux sandwiches jambon-fromage-salade-tomate… Bon, ok, c’était assez exceptionnel… D’habitude, c’est fruits, légumes (s’il m’en reste de mon souper de la veille, par exemple), et/ou un petit bout de poisson de temps en temps…
      Bon appétit !

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  2. Bonjour, Eric
    Diabétique, sans insuline, je ne prends plus de médicaments en surveillant mon alimentation : ce matin :1.07 !
    Je te souhaite un bon mardi.
    Bisoux

    dom

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