Quand humour rime avec cannelle…

Vous n’avez pas compris le titre ? Pas grave…

 

C’est l’histoire d’un jeune homme assis dans le métro à côté d’un vieillard.

Le jeune homme est en train d’écouter une musique « techno » grâce à son i-Pod et un énorme casque, tout en se trémoussant en rythme sur son siège.

Le vieillard se trémousse également sur son siège, et il porte aussi des écouteurs, mais plus discrets, vissés dans ses oreilles…

Au bout de quelques stations, le jeune homme remarque le vieillard à côté de lui, lui sourit, et en désignant son propre i-Pod, demande :

– Techno ?

– Non, Parkinson !

 

 

Bonne nouvelle pour les malades du Parkinson…

 

Une étude vient d’être publiée dans le Journal of Neuroimmune Pharmacology.

Une étude qui suggère sérieusement que la cannelle pourrait bien faire du bien – beaucoup de bien – aux personnes souffrant de Parkinson…

 

La cannelle, vont hurler les trolls de tout poil, mais c’est une bête épice ! Pourquoi pas des tisanes ou du jus de citron ?

(Oui, il semble que les trolls soient obnubilés par le fait qu’on pourrait guérir en consommant des tisanes ou du jus de citron, et quand ils vont dénigrer les sites qu’ils appellent «««de santé»»» – avec plein de guillemets -, comme ils disent, ils adooooorent raconter cette histoire de tisanes et de citron…)

 

N’empêche que, si l’on en croit Kalipada Pahan et ses collègues de l’Université Rush, cette épice pourrait bien être l’une des approches les plus sûres pour arrêter la progression de la maladie !

(Et ce n’est pas un site ««««««««««de santé»»»»»»»»»» qui l’affirme, mais une chercheuse, une scientifique, une prof d’univ, une personne que même les trolls respectent…)

 

Explications…

Quand la cannelle est métabolisée dans le foie, cela produit du benzoate de sodium.

Du benzo-quoi ?

Du benzoate de sodium.

Un médicament utilisé pour traiter des anomalies métaboliques du foie, anomalies associées à une hyperammoniémie…

Une hyper-quoi ?

Une hyperammoniémie, ou, si vous préférez, un excès d’ammoniaque dans le sang.

Et on l’utilise aussi en tant que conservateur (dans la bouffe) parce qu’il tue les microbes…

Mais ne nous égarons pas, et revenons à nos moutons à notre cannelle…

Donc, quand je mange de la cannelle, en gros, mon foie se met à la transformer en benzoate de sodium.

Remontons maintenant vers mon cerveau…

Si je suis atteint du Parkinson, mon cerveau connaît une diminution de certaines protéines.

Quelles protéines ?

La Parkin et la DJ-1…

On sait que le Parkinson et cette diminution de ces protéines provoquent, à l’intérieur d’une petite zone du cerveau qu’on appelle le locus niger, une réduction d’un neurotransmetteur appelé dopamine.

Ça va, vous suivez toujours ?

Bon, alors, respirons un bon coup, et relions tout ça ensemble, maintenant… Et tachez de suivre, parce que je ne le répéterai pas, hein !

Dame Kalipada a démontré dans son étude que la cannelle, moulue et ingérée, était transformée en benzoate de sodium, lequel benzoate grimpe jusqu’au cerveau, où il stoppe la diminution des deux protéines Parkin et DJ-1, ce qui protège les neurones, de même que ça relève les taux de neurotransmetteurs, et ça améliore les fonctions motrices …

… du moins chez les souris à qui les collègues de Madame Pahan avaient refilé la maladie de Parkinson…

 

Bon, ok, c’est chez les souris…

Mais qui nous dit – à part peut-être les trolls-qui-savent-tout – que ce qui est valable pour une souris n’est pas valable pour l’homme ?

Après tout, la majeure partie des médicaments chimiques sont testés sur des souris avant d’être testés sur des humains…

 

Bref, nos chercheurs sont maintenant en train de mettre en place des protocoles pour tester les effets de la cannelle moulue chez des humains.

 

Alors…

Sachant que la cannelle est une épice inoffensive utilisée depuis des siècles (depuis des millénaires) par l’homme, rien ne vous interdit, si vous craignez que la maladie de Parkinson ne vous tripatouille la substance noire (le locus niger) du cerveau, d’en consommer à chaque repas…

Inoffensive ?

Oui, enfin, à une condition…

Que vous fassiez attention à la sorte de cannelle que vous utiliserez !

En règle générale, on trouve (au moins) deux sortes de cannelle dans nos épiceries.

À savoir la cannelle de Chine (cinnamomum cassia) et la cannelle de Ceylan « originale » (cinnamomum verum).

Pour votre foie, ça ne change pas grand chose : l’une et l’autre seront métabolisées en benzoate de sodium. Et si vous en mettez une pincée dans une compote de pommes une fois tous les trente-six du mois, ça ne va pas changer grand chose non plus pour votre santé (en bien comme en mal).
Cependant, pour en consommer régulièrement, préférez la cannelle de Ceylan, la « verum », qui est un chouïa plus chère (comme par hasard), mais qui est surtout plus « propre » que la chinoise, que la « cassia », laquelle contient en moyenne 63 fois plus de coumarine que la « verum »…

De la cou-quoi ?

Marine… Coumarine !

Une molécule qui est un peu toxique pour le foie. Ce qui n’empêche pas les industriels de l’utiliser à la louche dans les pâtisseries ou les sodas… Bah, oui, je vous ai dit qu’elle était moins chère… Vous n’êtes pas assez naïf pour croire que les industriels s’intéressent à votre santé, quand même ?

 

Bon appétit !

 

 

Post-Scriptum…

Ça vous dit, une petite recette ?

 

Je ne vais pas vous donner la recette de la compote de pommes à la cannelle (des pommes hachées, une goutte de jus de citron, un poêlon, un fond d’eau pour éviter que ça accroche, et on fait cuire à feu doux en touillant régulièrement : il suffit d’ajouter la cannelle à la fin de la cuisson, pendant que ça refroidit avant de vous en servir comme dessert)…

Ha, bin, si, finalement, je vous l’ai donnée, cette recette…

 

Connaissez-vous l’hypocras ?

Non ?

Bon, alors, en caricaturant un peu, c’est une sorte de sangria ou de vin chaud (sauf qu’on le boit généralement froid)…

Du vin, auquel on ajoute du miel et des épices, qu’on laisse macérer un certain temps avant de filtrer et d’embouteiller…

Et devinez ce que l’on utilise comme épices ?

Du gingembre et … de la cannelle !

Et éventuellement d’autres épices selon les recettes…

Bien que les vins épicés existent depuis l’antiquité, la première recette (enregistrée officiellement) d’hypocras date de 1390. Mais cette recette n’est pas complète, et il manque les proportions exactes… Zut !

La recette suivante (par ordre chronologique), complète, elle, date de 1393, et elle est parue dans le « Ménagier de Paris » qu’un brave « Bourgeois de Paris » avait écrit pour sa jeune épouse. Lequel « Ménagier » a été publié par la suite, des siècles plus tard (en 1846), au profit du plus grand nombre.

Voici la recette :

Ypocras. Pour faire pouldre d’ypocras, prenez un quarteron de très fine cannelle triée à la dent, et demy quarteron de fleur de cannelle fine, une once de gingembre de mesche trié fin blanc et une once de graine de paradis, un sizain de noix muguettes et de garingal ensemble, et faites tout battre ensemble. et quant vous vouldrez faire l’ypocras, prenez demye once largement et sur le plus de ceste pouldre et deux quarterons de succre, et les meslez ensemble, et une quarte de vin à la mesure de Paris.

Et comme je ne peux rien vous refuser, je vous la traduis en français du 21e siècle…

Les ingrédients, d’abord, pour faire la « poudre d’hypocras » (le mélange d’épices) :

– 120 grammes de cannelle

– 60 grammes de fleur de cannelle

– 30 grammes de gingembre

– 30 grammes de graines de paradis (un machin qui ressemble un peu à du poivre, et qui porte aussi le nom de maniguette, aframomum melegueta)

– 3 pièces de noix de muscade

– 3 pièces de garingal (c’est ainsi qu’on appelait au Moyen-Âge l’actuel galanga, une racine ressemblant au gingembre)

Vous écrabouillez bien tout ça, vous mélangez, et vous obtenez environ 270 grammes d’épices moulues.

Pour faire de l’hypocras, vous avez besoin de :

– 250 grammes de sucre (ou une quantité un peu moindre de miel)

– 1 litre de vin rouge (mais rien ne vous interdit d’essayer avec du vin blanc)

– 15 grammes du mélange d’épices (ou plus, selon votre goût)

Vous mélangez bien le tout dans une petite tourie ou une grosse bouteille, vous laissez macérer quelques heures (selon votre goût), puis vous filtrez et vous dégustez … ou vous embouteillez pour le sortir quand vous aurez des invités qui aiment les boissons médiévales.

À noter qu’avec de la poudre (industrielle) de cannelle et de gingembre, vous risquez de trouver le filtrage assez difficile : utilisez plutôt des bâtons de cannelle et un bout de racine de gingembre que vous broyez vous-même…

 

À votr’santé !

 

 

Post-post-Scripum…

Une toute dernière petite chose…

Des p’tits comiques ont trouvé intelligent de proposer un défi à la con : arriver à avaler une cuillère de poudre de cannelle sans en recracher…

C’EST vraiment un défi à la CON… Parce que vous allez vous « étruquer » (comme on dit dans ma région = « avaler de travers »), et que de la fine poudre va se retrouver dans vos poumons !

Problème : les fibres de cellulose de la poudre de cannelle ne se dégradent pas dans les poumons, ce qui va vous valoir quelques dégâts irréversibles !

Si un imbécile un individu dans votre entourage a envie de relever ce défi en votre présence, expliquez-lui que ça risque de lui provoquer des graves ennuis de santé parce que de la poudre va s’infiltrer dans ses poumons et y causer des dommages irréversibles, et s’il veut toujours ensuite relever ledit défi, …

… si c’est un copain, mettez-le KO d’un bon uppercut, parce qu’il vaut mieux risquer qu’il y laisse une dent qu’un poumon…

… et si ce n’est pas un copain (si c’est un troll, par exemple), ma foi, partant du principe qu’il est dangereux de contrarier les fous, ne vous mettez pas en travers de son chemin… Votre sécurité avant la sienne, n’est-ce pas… Appelez éventuellement les secours si vous avez votre GSM dans votre poche, et admirez le spectacle… De toute façon, selon la quantité de poudre inhalée, selon le nombre de fois qu’il aura relevé le défi, l’imbécile l’individu en question comprendra plus ou moins vite que vous aviez raison… Un peu trop tard, malheureusement…

 

 

Bon lundi !

 

 

 

 

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6 réflexions sur “Quand humour rime avec cannelle…

  1. on sait maintenant que la cannelle a de nombreuses vertus
    je l’utilise avec du gingembre et du citron
    elle peut être une belle avancée si elle est bien exploitée
    gros bisous

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  2. J’avais lu quelque part (ici déjà ?) en son temps qu’un mélange de cannelle dans un peu de miel, laissé reposé, avait de grandes vertus antiseptiques, cotre les maux de gorge notamment. Donc, quand j’arrive quasi à la fin de mon pot de miel, j’y ajoute une pincée de cannelle, et je laisse reposer. C’est vraiment efficace et si peu coûteux que ce serait dommage de ne pas en profiter ! De plus, si l’on aime la canelle, c’est parfois plus facile de l’ajouter de cette manière à un plat s’il faut l’y intégrer. Bon appétit !

    Et bonne journée à toi, Maître Eric.

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