La dernière folie…

La dernière folie, non pas de Mel Brooks, mais de CCC !

 

CCC ? Les Cellules Communistes Combattantes ? Elles sont de retour depuis 1985 ?

Heuuu, non…

CCC comme Coca Cola Company…

 

La dernière folie de CCC, c’est de croire que les consommateurs sont tous des cons, et qu’en tant que tels, ils peuvent être trompés sans que personne élève la moindre protestation.

Je vous donne un exemple, en quatre étapes :

1. Vous prenez une boîte ou un carton ou une bouteille,

2. vous y déposez seulement quelques gouttes de « Machin » et de « Chose » (des produits de luxe, prestigieux, qui coûtent bien cher),

3. vous complétez avec du « Truc » (un bête produit peu cher),

4. et ensuite, vous vendez le mélange en faisant croire au pigeon au consommateur qu’il s’agit de « Machin-Chose » uniquement, en l’écrivant en gros caractères sur le contenant.

Mais vous prenez la précaution – quand même – d’écrire, en tout petit, qu’il y a aussi du « Truc » dans le mélange, histoire d’échapper à la justice (enfin, c’est ce que vos avocats vous ont dit).

 

Sauf qu’un petit futé a ajouté un cinquième point, une cinquième étape que vous n’aviez pas prévue :

5. Vous chopez une plainte pour publicité mensongère !

 

Et la justice américaine a jouté un sixième point :

6. Vous vous faites condamner par la Cour Suprême des États-Unis !

Cour Suprême qui vient de prononcer son verdict en ce qui concerne une publicité jugée trompeuse…

 

Publicité mensongère pour quel produit ?

Pour un jus de fruits que CCC vend sous la marque Minute Maid (une marque que vous trouvez en Belgique et probablement en France également, et donc, si vous voulez tester la justice belge ou française, rien ne vous interdit de déposer vous aussi une plainte, pour peu que le mélange de jus en question soit présent chez nous également, ce que j’ignore, vu que je n’achète pas ces crasses-là…).

Il s’agit du mélange de jus appelé « Grenade et Myrtille » (difficile de vous tromper : c’est écrit en gros sur l’emballage, du moins sur l’emballage américain).

minute-maid

Le client qui achète ce mélange de jus et qui ne passe pas son temps à éplucher le blabla en petits caractères pense qu’il achète réellement une boîte ou une bouteille avec plein de jus de grenades et plein de jus de myrtilles… Des fruits considérés comme des « super-fruits » !

Sauf que, conformément au petit truc de mon exemple en quatre points, CCC a utilisé d’autres jus (moins chers) en plus que les jus (très chers) de grenades et de myrtilles ! Il y a jouté « un peu » de jus de pommes et de jus de raisins, par exemple… Non que le jus de pommes soit mauvais, mais, bon, il est loin de valoir le jus de myrtilles (par exemple pour la santé des yeux).

 

Un peu ?

Un peu … beaucoup !

En réalité, les « autres jus » composent 99 % du mélange !

Et il y a (accrochez-vous) 0,3% de jus de grenades et 0,2% de jus de myrtilles.

 

Waow ! Tout ça ?

Hé oui… Un demi-pourcent seulement !

C’est un peu la blague du « pâté de cheval et d’alouette », avec « moitié cheval et moitié alouette » : un cheval pour une alouette !

 

Bref, une plainte a été enregistrée contre CCC pour publicité mensongère.

Et la justice américaine a tranché : « coupable, votre honneur ! ».

Et pourtant, les avocats de CCC ont gratté pour faire accepter la tricherie comme étant légale, mais rien n’y a fait…

 

Légale ?

Oui.

Les avocats de CCC se sont basés sur un règlement de l’agence américaine de réglementation des produits alimentaires (la FDA dont je vous parle de temps en temps), qui donne le droit d’attribuer à un produit (je cite) « le nom d’un ingrédient même si celui-ci est minoritaire ».

Mais, bon, apparemment, la Cour a dû juger qu’un malheureux demi-pourcent, c’était quand même un peu trop minoritaire…

C’est un peu comme si Devos-Lemmens vendait une mayonnaise à l’huile d’olive qui ne contiendrait … je ne sais pas, moi … que (disons) seulement seize pourcents d’huile d’olive, tout en inscrivant « à base d’huile d’olive » sur le pot… Ce serait légal, mais, bon, ce serait presque à la limite de l’escroquerie de faire croire que la « base », c’est de l’huile d’olive, alors qu’il y aurait 64% d’huile de colza… Hein ? Vous dites ? Ça existe déjà ?  😉

Bref, CCC devra vraisemblablement ouvrir son portefeuille pour payer une amende (on en saura plus dans quelques jours), mais ce n’est pas ça le plus important. Le plus important, c’est que cette décision de justice va faire jurisprudence ! Traduction : c’est la porte ouverte à d’autres plaintes qui ne vont pas tarder à être déposées !

Yesssss !

J’adore les histoires qui finissent mal pour les méchants !

 

 

 

 

PS. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.

Devos Lemmens ne sont pas spécialement des « méchants » (dans le cadre de cet article sur la tromperie).

La preuve : cette firme belge met 16% d’huile d’olive dans leur mayo « à l’huile d’olive », alors que la législation leur permettrait … d’en mettre moins ! Et en outre, une mayo avec plus d’huile d’olive aurait un goût un peu trop prononcé…

Je voulais juste vous faire remarquer que, chez nous aussi, on peut trouver des produits qui portent ostensiblement un nom d’ingrédient alors qu’il ne s’agit pas forcément de l’ingrédient majoritaire. C’est légal, et, ma foi, tant que la législation joue son rôle pour éviter des mayos à l’huile d’olive avec seulement 1% d’huile d’olive, je suis un peu rassuré.

Mais …

Ce n’est pas pour autant que je vous conseille vivement de consommer leur produits ! Ni aucun autre produit d’aucun autre fabricant de sauces froides pour vos frites, d’ailleurs.

Pour reprendre le cas de la mayo à l’huile d’olive, on y trouve 64% d’huile de colza, 16% d’huile d’olive, du jaune d’œuf, du vinaigre (jusque là, ça va), de l’eau (m’ouais, bof), de la moutarde (qui elle-même contient vinaigre, graines de moutarde, eau – encore – sel et épices), du sucre (qu’on se demande ce qu’il fiche là), du sel, du carotène, du E385 et de l’arôme ! Et croyez-moi, d’autres firmes sont moins généreuses en olive, et plus généreuses en produits chimiques que DL…

Mais, bon, perso, si je fais une mayo, fût-elle à l’huile d’olive, je n’y ajoute ni eau, ni sucre, ni carotène, ni E385, ni arôme !

 

Bon appétit !

Bon mardi !

 

 

 

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3 réflexions sur “La dernière folie…

  1. Je confirme pour la mayo à l’huile d’olive. Il faut aimer. J’ai fait le test maison et euh, comment dire…. C’était pas super (ou alors ça se justifie pour seulement quelques plats bien spécifiques). Et pourtant j’adore l’huile d’olive en général. Trop c’est trop on va dire. Bon, je vais attaquer Nestlé et son sirop de grenadine moi.

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    • En tant que Belge et donc spécialiste de la mayonnaise (à mettre de manière équilibrée sur les frites, et par « équilibre », j’entends 250 grammes de mayo pour 250 grammes de frites, évidemment 😆 ), je confirme que trop d’huile d’olive, c’est trop… En Belgique, on dit même « trop is te veel » (les bilingues traduiront).

      😉
      Le sirop ?
      De grenadine ?
      Oui, mais non…
      Il y a une différence entre « jus » et « sirop » (de grenadine).
      Je ne connais pas la composition du sirop de grenadine de Nestlé, mais il est fort probable qu’il ne soit pas à base de jus de grenade, parce que la loi décrète que les appellations « sirop de grenadine » et « grenadine » sont réservées aux sirops aromatisés au moyen de jus de fruits rouges et de vanille, ou de leurs extraits, et éventuellement de jus de citron.
      Donc, si, dans ta cuisine, tu prends 500 grammes de sucre, que tu le fais dissoudre dans 500 grammes d’eau, que tu fais bouillir le mélange pour réduire un peu (disons que tu le fais réduire jusqu’à ce qu’il reste 900 grammes de ce qui porte alors le nom légal de « sirop »), et que tu y ajoutes ensuite 100 grammes de jus de fruits rouges (n’importe lesquels, en mélange : six fraises, trois cerises, quatre framboises, cinq myrtilles, une poignée de mûres, et peut-être même quelques prunes rouges, mais pour les prunes je ne suis, pas certain que ça rentre dans l’appellation « fruits rouges »…) et quelques gouttes d’extraits de vanille, tu as parfaitement le droit d’appeler « ça » du « sirop de grenadine », bien qu’il n’y ait pas un milligramme de jus de grenade dedans !
      Évidemment, pour la santé, un verre « d’eau à la grenadine » (dans un verre de 200ml dans lequel on verse +/- 1/6 de sirop, on trouve 3-4 grammes de jus d’on ne sait trop quels fruits exactement, une quinzaine à une vingtaine de grammes de sucre, et le reste, c’est de la flotte) n’a pas grand chose à voir avec un verre de jus de grenade…
      ‘santé !

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  2. Merci pour ces informations.
    Je lis toujours très attentivement les étiquettes.
    Pour la mayo, je ne peux pas (enfin,mon foie) en manger …

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