Bouge pas, ma chérie, je vais à la pharmacie chercher des clopes…

 

Dans nos pays, même si je répète régulièrement que les pharmacies sont devenues des commerces comme les autres, les pharmaciens sont – quand même – d’abord des vendeurs de médicaments.

Et ce n’est qu’ensuite qu’ils coiffent leur casquette de vendeurs d’autres choses, de bien d ‘autres choses : alimentation, boissons, chaussures, cigarettes, cosmétiques, maquillages, piles, plantes, savons, shampooings, vêtements, etc. …, et j’en connais même qui vendent des séances de bronzage et des œufs de leurs poules…

Aux USA, c’est un peu le contraire, et les grandes chaînes de pharmacies sont d’abord des espèces de supermarchés où l’on trouve un peu de tout, y compris … des médocs qui occupent une petite partie du magasin.

 

J’aimerais aujourd’hui saluer l’initiative d’une chaîne de ces « drugstores » : CVS.

CVS qui est une chaîne de 7.600 magasins à travers les USA, et que j’avais pointé du doigt (la dernière fois) en septembre 2012 parce qu’ils vendaient des vaccins comme on vends de l’épicerie, du genre « un vaccin acheté = une boîte de petits pois gratuite ».

Je plaisante ?

Même pas… À l’achat d’un vaccin contre la grippe (c’était en 2012, mais je ne pense pas que ça ait beaucoup changé aujourd’hui), CVS offrait une réduction de 20% sur votre panier (sur le reste de vos courses que vous aviez acheté en même temps que le vaccin) !

 

Pourquoi ne signalerais-je que les « mauvaises choses », en oubliant de saluer les « bonnes choses » ?

Et donc, dans un soucis d’équité – même si CVS se fiche probablement qu’on parle d’eux dans un blog belge vu par un peu plus de 45.500 personnes durant les sept derniers mois (depuis que j’ai basculé sur la plateforme WordPpress) -, je me dois de saluer d’un grand coup de chapeau l’initiative de cette chaîne de pharmacies qui va perdre environ un milliard et demi de dollars chaque année à cause de leur décision …

… de ne plus vendre de tabac (tabac, cigarettes, cigares, …) dans leurs magasins !

 

Une décision qui a – aussi – été saluée par Barack Obama (lui-même ancien fumeur) en ces mots « Je remercie et félicite Larry Merlo (NB le PDG du groupe) pour avoir fait un choix qui aura des conséquences profondément positives sur la santé de notre pays »…

Même le JAMA (Journal of the American Medical Association) a tiré également son chapeau (pour peu qu’un journal soit coiffé d’un chapeau) devant CVS, premier grand groupe américain de distribution de produits pharmaceutiques à prendre une telle initiative !

 

Quant à Larry Merlo, il a simplement expliqué que mettre fin à la vente de cigarettes et autres produits contenant du tabac était ce qu’il fallait faire autant pour l’entreprise que pour les clients, parce que (je le cite textuellement) « La vente de tabac ne correspond tout simplement pas à notre mission ».

C’est vrai que vendre du tabac et des produits destinés à soigner les méfaits du tabac, ça faisait un peu désordre… Mais, bon, il est vrai aussi que, rien qu’en vendant des médocs, les pharmaciens ont l’habitude de vendre des produits destinés à soigner les méfaits d’autres produits, puisque l’OMS avoue que les trois quarts des maladies sont causées par la médecine elle-même…

Mais passons là-dessus…

 

Bref…

Bravo !

 

 

Bon, alors, aux USA, il faut quand même souligner que le tabagisme a fortement diminué depuis ces cinquante dernières années…

Aujourd’hui, 18% de la population américaine fume encore, contre 42% en 1964 !

Et pourtant, environ 443.000 Américains meurent encore chaque année d’une maladie liée au tabac…

 

 

 

La question du jour…

 

Non, je ne vais pas vous demander si votre pharmacien vend du tabac…

En France, vous ne pouvez acheter des cigarettes que dans des « magasins spéciaux » (haaaaa, les bons vieux monopoles à la française).

Et en Belgique, les clopes vendues dans nos pharmacies sont des cigarettes « aux plantes » destinées à ceux qui souhaitent arrêter de fumer (si toutefois ça existe encore).

 

Non, je ne vais pas vous demander non plus si vous trouvez « bien », ou pas, que les pharmacies américaines cessent de vendre des cigarettes. Non, là n’est pas la question…

 

J’aimerais vous demander ce que vous pensez du fait que nos pharmaciens vendent autre chose que des médicaments…

Alors, par « autre chose », je ne veux pas parler des produits « de santé » qui seraient complémentaires aux médicaments allopathiques. Du genre médocs homéopathiques, extraits de plantes, etc. … Ou pansements, bandages, sparadraps, …

Non… Je veux plutôt parler de produits dont on se demande (en tout cas, moi, je me le demande parfois) ce qu’ils font dans une pharmacie, alors qu’on les trouve (souvent moins chers, en outre) dans des épiceries, dans des supermarchés, dans des drogueries, …

Allez, un exemple : le lait autobronzant de la marque Machin, qu’on trouve chez « Di »…

Autre exemple : le petit pot pour bébé de la marque Chose qu’on trouve au Carrefour…

Ou encore : le bavoir de la marque Bidule qu’on trouve chez « H&M »…

Bon, maintenant, le fait de se poser la question de savoir pourquoi est-ce qu’un pharmacien se met à vendre des produits qu’on trouve ailleurs, au lieu de se contenter de vendre ce pour quoi il est formé (pour gagner du fric, tiens, question idiote…), ne signifie pas que ce soit une mauvaise chose…

Je vous demande ce que vous en pensez, tout simplement. Est-ce un plus ou un moins ?

Ou, en d’autres termes, est-ce que vous êtes plutôt pour que le pharmacien vende des produits de pharmacie uniquement et qu’il cesse de se prendre pour un épicier, … ou pour qu’il vende aussi n’importe quoi d’autre (et pourquoi pas comme aux USA, en vrac : des légumes, des bières, de l’engrais pour les plantes, des plats préparés, des couteaux suisses, des produits de beauté, de la papeterie, de la librairie, des produits d’entretien, etc. …) ?

En votre âme et conscience, sans spécialement tenir le discours que, quand un épicier vend un produit de pharmacie, il est poursuivi pour exercice illégal de la pharmacie, alors que quand un pharmacien vend un produit d’épicerie, il n’est jamais poursuivi pour exercice illégal de l’épicerie !

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5 réflexions sur “Bouge pas, ma chérie, je vais à la pharmacie chercher des clopes…

  1. attention à l’amalgame.Je connais tres bien CVS aux etats unis.Je n’étais pas au courant de ce discount de 20% pour l’achat d’un vaccin.Mais si CVS vend des bibelots,mercerie, papeterie,epicerie, etc.. et même des cigarettes, ils ne vendent pas des médicaments comme on vend des petits pois.Chez CVS,il ya de la parapharmacie ( bien mieux que ce que l’on peut trouver enFrance chez Leclerc ou autre,plus de variete et moins cher) et puis il y a un coin pharmacie( comme chez nous), ou il faut l’ordonnance du médecin pour se procurer le produit.Et s’il vous faut 7 pilules, il ne vous en donne pas une boite de 30.Et l’ordonnance avec les recommandations et la posologie sont inscrit ( lisiblement) sur un papier qui est collé sur chaque flacon.
    On aurait beaucoup de choses à apprendre chez eux.
    alain layrol

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    • Je ne pense pas avoir amalgamé quoi que ce soit.
      Je n’ai jamais dit que la parapharmacie aux USA était plus chère et moins « fournie » qu’en France.
      Je n’ai jamais dit qu’il ne fallait pas une ordonnance pour avoir certains médocs.
      Je n’ai jamais dit que s’il vous fallait sept pilules, on vous en vendait 30.
      Je n’ai jamais dit que le pharmacien ne vous collait pas un papier avec la posologie.
      J’ai juste dit que les pharmacies américaines ressemblaient (du moins les grandes chaînes) plus à un supermarket qu’à une pharmacie comme on en trouve en Belgique ou en France, et que l’une des chaînes venait de décider de ne plus vendre de cigarettes…
      Désolé si je ne me suis peut-être pas bien expliqué…

      Bon, maintenant, en ce qui concerne le fait que les pharmaciens (là, je parle des pharmaciens de chez nous, pas de ceux de chez CVS – que je connais d’ailleurs beaucoup moins que ceux de Walgreens où j’ai eu l’occasion de faire des courses en parapharmacie) vendent des médicaments comme ils vendraient des petits pois, je ne pense pas être trop éloigné de la vérité…
      Pas, évidemment, les médocs sous ordonnance. Ici aussi, si le toubib prescrit une boîte, on ne va pas vous en vendre trois (et j’ai cru comprendre qu’en France, on allait tester la vente des médocs à la pièce au lieu de les vendre par boîtes entières ?)…
      Je parle des produits en vente libre.
      Quand on voit des réductions du genre « trois boîtes pour le prix de deux », ou « le second à 1/2 prix, ou « promotion spéciale sur la trousse de vacances », ou encore le système de cartes de fidélité qui donne droit à des points à chaque achat, lesquels points se transforment en un bon d’achat de 5€ quand on a cumulé cinq cents points, j’avoue que je ne vois plus trop la différence entre le système de vente et de marketing d’un épicier, et le système de vente et de marketing d’un pharmacien.
      À noter que c’est un peu la même chose aux USA, je viens de passer sur le site de « CVS PHARMACY », quand on voit (oui, oui, dans une pharmacie) des coupons de réduction sur des limonades, du Tide (le détergent) ou le Febreeze (le « pschit » pour que les tissus sentent bon), ainsi que la possibilité de recevoir des publicités ciblées selon son profil (avec des réductions se rapportant à son profil), ou qu’on y fait la publicité pour le Dulcolax comme pour … une boîte de petits pois (j’y reviens), je me demande parfois si le terme de « pharmacie » convient encore…
      Dulcolax : ici http://www.cvs.com/shop/brand-shop/D/Dulcolax/_/N-1nlz
      Je n’ai pas dit non plus que j’étais résolument « contre ». Ma foi, si le client est content d’acheter (je reviens à une promo vue en Belgique) une trousse de « produits de base » pour partir en vacances avec 25% de réduction (même s’il y a là-dedans des produits dont il ne se servira jamais), tant mieux pour lui … et tant mieux pour le commerçant. Non, je ne suis pas « contre » : je constate simplement le fait que le marketing pharmaceutique rejoint (voire dépasse) le marketing des grandes surfaces.

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  2. Nos pharmacies françaises sont bien loin de la petite herboristerie, ou de la pharmacie du coin qui avait le nécessaire en médicaments délivrés avec ou sans ordonnance. Pour ma part je pense qu’une pharmacie ne doit pas se transformer en épicerie ou bazar! La crédibilité en prend un sacré coup…

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    • Pas que la crédibilité, qui en prend un coup. L’efficacité aussi !
      L’an dernier, aussi bien en France qu’en Belgique, un « test » a été effectué auprès de pharmacies.
      Je ne me rappelle plus les chiffres exacts (ce n’est pas ça le plus important), mais beaucoup (beaucoup trop, ça tournait autour de un sur deux ou un sur trois, selon les différents « tests » !) de pharmaciens « oubliaient » le plus élémentaire de leur service : conseiller le client … et préserver sa santé !
      Exemple de « test » en Belgique, une dame arrive chez un pharmacien avec une ordonnance pour une pilule contraceptive et achète en même temps du millepertuis. Le pharmacien aurait dû au moins lui demander si les deux produits étaient pour la même personne parce que le millepertuis fait baisser l’efficacité de la pilule ! Bah non… Bon nombre ont vendu sans (se) poser de question.
      Second exemple, toujours en Belgique, achat d’un produit pour fluidifier le sang et d’aspirine. Là aussi, le pharmacien aurait dû au minimum demander si c’était pour la même personne, parce que risque d’hémorragies. Bah non… Idem. Bon nombre ont vendu sans (se) poser de question.
      Et je ne me rappelle plus ce qui avait été réalisé en France, mais c’était à peu près le même scénario !

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  3. Bonjour, Eric
    Dans nos pharmacies, on trouve toujours, mis en devant, plein de produits qu’on peut trouver dans tous les magasins, mais bien moins cher …
    Ils doivent faire ça pour ceux qui ont oublié un truc, dans leurs courses et n’ont pas envie d’y retourner.
    Leur marge doit être excellente !!!
    Je te souhaite un bon mardi.
    Bisoux
    dom

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