Tous en chœur !

 

Trois, quatre…

♫    ♪

 

Une aspérule dans du vin d’Moselle,

C’est un nectar qui réchauffe le coeur,

C’est notre Maitrank qui rend la vie belle

Et nous procure le parfait bonheur.

 

 

 

1

 

Le plus gai de tous les apéritifs,

Celui qui peut se boire à tous les âges,

Il rend les gens plus communicatifs

Et favorise même les jumelages.

 

 

 

2

 

En mai, au bois, vous cueillerez la belle,

Dans le vin blanc, elle laisse son arôme:

Porto, cognac, orange, cassis, cannelle,

Quelques jours plus tard, bien frais, on consomme.

 

 

 

3

 

Au cinquième verre, le plus rébarbatif

Se met à sentir la métamorphose,

Le lymphatique devient explosif

Et le grincheux voit des éléphants roses.

 

 

 

4

 

Point n’est besoin de vanter plus longtemps

Les vertus de ce magique breuvage,

Aux femmes, il épargne les outrages du temps,

Aux hommes, il offre encore bien davantage.

 

 

C’est quoi, ça ?  😯

Hé bien, ça, c’est la chanson du MAITRANK…

Et le maitrank (« boisson de mai » qu’on ne boit théoriquement qu’en mai et en juin, mais que, marketing oblige, on trouve maintenant n’importe quand dans les grands magasins), c’est un vin blanc dans lequel les mages et les sorcières de la région d’Arlon font macérer des plantes…

 

Jadis, chaque famille de la région avait « sa » recette plus ou moins secrète, avec un ingrédient qu’on ne retrouvait pas dans la recette basique du maitrank), mais la recette traditionnelle est simple et bien bonne sans y ajouter des autres ingrédients :

 

Pour boire à l’apéritif ou avec le dessert (ou en soirée, devant le feu, parce qu’en mai et parfois même en juin, les soirées sont encore fraîches), il me faut :

  • 1 litre de vin blanc Elbling (un vin de la Moselle luxembourgeoise
  • 12 brins d’aspérule odorante avec les fleurs non écloses
  • 50 gr de sucre
  • 5 cl de cognac
  • 1 orange en tranches

 

Une fois que j’ai tous les ingrédients (pensez-y pour l’année prochaine, parce que, là, maintenant, les aspérules sont écloses), il ne me reste plus qu’à laisser macérer tout ça dans une petite Dame-Jeanne durant quarante-huit heures, puis à filtrer et à mettre en bouteille.

Et vous dégustez dans les deux mois.

Vous pouvez le garder un peu plus longtemps, mais ne vous attendez pas à une éventuelle bonification ! Je le répète, le « vrai » maitrank, ça se boit en mai et en juin…

 

Bon, alors, certains y ajoutent des feuilles de cassis, ou un bâton de cannelle… Et vous pouvez utiliser du miel si vous le souhaitez, ou du sucre de canne au lieu du « bête » sucre… Certains y ajoutent du porto, ou d’autres ingrédients, et vous pouvez remplacer le cognac par de l’armagnac… Il y en a même qui commercialisent du maitrank rosé ou pétillant (que ne ferait-on pas pour vendre des machins « à la mode ») ! Mais la recette de base, c’est de l’Elbling, de l’aspérule, du sucre, de l’orange et du cognac…

 

Et si je n’ai pas d’Elbling ?

Vous allez vous promener au Grand Duché de Luxembourg et vous en ramenez, ou bien, si « l’authentique » (ce que voulait cultiver Jean Cadoret dans « Manon des Sources ») n’est pas votre priorité, vous pouvez prendre un Rivaner ou un Riesling…

 

S’il est trop tard pour en fabriquer aujourd’hui, pourquoi en parler ?

Parce que, ce week-end, c’est la fête du maitrank à Arlon

Et que, si vous vous ennuyez ce week-end, hé bien, c’est l’occasion d’aller goûter le – vrai – maitrank fabriqué dans cette région…

 

Et si vous n’avez vraiment pas l’occasion d’y aller ce week-end, il vous reste un bon mois pour y aller : ce ne sera plus la fête, et vous n’aurez plus accès à la fontaine du maitrank (oui, oui, une fontaine qui verse du maitrank au lieu d’eau), qu’on inaugure chaque année le samedi à 17h, mais vous pourrez toujours acheter une bouteille de maitrank, et la déguster de retour chez vous…

À la question « Comment boire le maitrank ? », la réponse est simple : « Bien frais ! ». Cinq ou six degrés, c’est parfait. Avec une fine tranche d’orange dans le verre…

 

À votr’ santé !

 

 

 

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7 réflexions sur “Tous en chœur !

    • Une dame jeanne, c’est une tourie…

      Une grosse bouteille, quoi…
      Qu’on utilise pour faire des « petites » quantités de vins, de liqueurs, de cocktails, …
      « Petites » quantités par rapport aux cuves que les viticulteurs utilisent, parce que, par rapport à une « bête » bouteille, c’est quand même un chouïa plus gros (il doit y en avoir encore quelques-unes dans une cave chez mes parents, qui varient entre cinq et vingt-cinq litres, et je ne prenais pas plus gros parce qu’une fois pleines, elles sont difficiles à bouger, malgré leur « berceau » avec des anses)…
      Mes amitiés à Dame Jeanne… 😉

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