Un verre, ça va…

Un verre,

ça va,

trois verres,

bonjour les dégâts !

 

Ce petit poème un peu naïf, vous le connaissez tous.

Et vous l’aviez compris, à l’époque, comme une recommandation à ne pas trop boire avant de conduire, ce qu’il était effectivement.

Mais, finalement, cette recommandation liée au code de la route pourrait bien devenir une recommandation médicale[1] !

 

Une étude vient d’être publiée dans la revue Neurology. Une étude signée par Severine Sabia et quelques collègues, des collègues britanniques de l’Université College London et des collègues français de l’Inserm.

Ils ont épluché les données de plus de 5.000 hommes et 2.000 femmes quadragénaires au début de l’étude, durant une dizaine d’années.

Et au bout de dix ans, les chercheurs ont procédé à une évaluation des capacités cognitives (mémoire et fonctions exécutives) de leurs volontaires qui avaient à ce moment un âge moyen de 56 ans.

Je ne vais pas vous faire languir plus longtemps : ceux qui avaient bu régulièrement plus de deux verres par jour présentaient un déclin plus rapide de la mémoire !

Déclin qui survenait entre 18 et 72 mois plus tôt que chez les consommateurs « légers ».

J’ai écrit « ceux » et « les consommateurs », au masculin. Non pas parce qu’en français, c’est le masculin qui l’emporte, mais parce qu’il se fait que, dans l’étude, il n’y avait pas assez de femmes qui buvaient une quantité d’alcool telle qu’on arrive à des résultats concluants. Mais les chercheurs ont précisé que, vu que les femmes ont une constitution[2] telle qu’elles sont plus sensibles aux effets de l’alcool que les hommes, la recommandation valait aussi bien pour les hommes que pour les femmes : un verre, m’oui, ok, mais deux verres[3] au grand maximum, parce qu’à deux verres et demi, on se met à chanter « ♫ j’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien ♪ ».

 

À vot’santé, les amis !

 

 

Une dernière chose…

Rappelez-vous que, quand vous avez soif, les meilleures boissons que vous puissiez consommer, c’est l’eau, et le thé (ou la tisane, ou, pourquoi pas, un peu de café léger).

Et en mangeant, mieux vaut boire chaud (ou tiède) que glacé. Une bière bien fraîche ne vous fera pas mieux digérer votre choucroute, alors qu’une tisane ou un thé, oui !

Bon appétit !

 

 

 


[1] Rappelez-vous que je ne vous ai jamais caché que toute consommation d’alcool était plus dangereuse pour la santé qu’elle n’était profitable. Les fabricants de boissons alcoolisées (surtout les fabricants de vins) ont réussi à faire croire que certains composants justifieraient la consommation desdites boissons, mais si les composants en question sont effectivement bons pour la santé, l’alcool proprement dit qui les accompagnent ne l’est pas ! Je vous ai conseillé de boire le moins possible d’alcool, et de vous limiter à un verre de vin par jour (dans un verre à vin, pas dans un verre à bière !) si vous vouliez absolument arroser vos repas avec une boisson alcoolisée (un demi-verre le midi et un demi-verre le soir, pas plus). Alors que les spécialistes « arrosés » par les viticulteurs conseillent deux-trois verres par jour pour les femmes et trois-quatre verres par jour pour les hommes !

[2] Je ne cesserai de vous le dire : NON, les femmes et les hommes ne sont pas « égaux » ! Et les lois stupides n’y changeront rien !

[3] De bière, de vin, ou de spiritueux, servis dans les verres adaptés, évidemment…

 

 

 

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5 réflexions sur “Un verre, ça va…

  1. Mon père est depuis un an dans un EMS et depuis toujours ou presque, alcoolique… je connais chacun des ravages de cette maladie … sa mémoire s’éteint rapidement. Merci pour cette piqure de rappel et belle fin de journée Eric.

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  2. Bonjour, Eric
    Je ne bois plus une goutte d’alcool mais j’ai constaté les dégâts sur plusieurs personnes de mon entourage …
    Je te souhaite un bon jeudi.
    Bisoux
    dom

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  3. comme tu le sais p être, je travaille en addicto. les dégâts sont énormes et cette étude ne fait que le publier et c’est bien. dès que les patients rentrent pour leur cure, nous les mettons sous vitamine B1 afin de reconstituer le capital des fonctions neurologiques si toutefois ce n’est pas trop tard (maladie de korsakov , un peu l’allzheimer de la maladie alcoolique) ce qui arrive quelques fois.
    Il faut savoir que , comme je le dis à ces patients lors d’un de mes cours, pas de matos (nutriments…ils ne mangent pas), pas d’usine (le foie est en stéatose) et pas de transport (l’eau de boisson). dégâts pour les neurone (SNC) et pour le SNP (système nerveux périphérique) avec des atteintes veineuse cartilage et os et qui vont jusqu’à des nécroses de la tête fémorale (patients jeunes) ou au moins une claudication. tout ça à cause du manque de vitamine B1 (transportée par l’eau si toutefois il y a apport d’aliments et d’eau mais le plus souvent le seul apport est de l’alcool). le retour au fonction normale chez quelqu’un qui s’y prend assez tôt, se fait en environ deux à trois semaines. Quelquefois les IM de vitaminesB1 sont necessaires (passage à 100% et efficacité plus rapide). Si l’abstinence est poursuivie on a une récupération neuronale (par multiplisation des connexions et non récupération des neurones; d’où l’intérêt de s’occuper…). Si l’abstinece n’est pas poursuivie très longtemps (l’idéal pour des dépendants, c’est ad vitam eternam), à la perte neuronale liée au sevrage (compensée par une longue abstinence), s’ajoute le manque de récupération lié à une trop courte abstinence.
    L’atteinte des fonctions neuronales est une des conséquences les plus immédiates liées à la surconsommation d’alcool.
    Il ya dépendance lorsqu’un sujet dit qu’il va diminuer ou s’arrêter et ne le fait jamais, lorsqu’il se met à boire à jeun ou le matin ou pour calmer une angoisse ou se récompenser d’un effort fourni. Il y a dépendance lorsque il est devenu impossible de s’abstenir malgré la prise de conscience des désagréments ou atteintes causés par l’absorption d’alcool.
    Il y aura bientôt une émission sur france 2… »toute une histoire » en début d’après midi, sur le sujet. Regarde là, tu me verras avec une patiente. quand j’aurai la date, je te le dirai si ça t’interesse.

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    • Je ne regarde pas souvent la télé, et encore moins l’après-midi, mais, là, je ferai une exception !
      Essaie de me le faire (de nous le faire) savoir assez rapidement, pour que je puisse me mettre en « congé » cet après-midi-là…

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