La Belgique a consommé en 2012…

… pratiquement deux-cent-quatre-vingt-trois millions d’antidépresseurs.

Pour onze millions d’habitants !

Et ça ne fait qu’augmenter !

Leur utilisation a augmenté de 45% entre 2004 et 2012.

Si l’on en croit les chiffres de l’INAMI (note pour les non-belges : l’INAMI est en quelque sorte la « Sécu » belge) la Belgique a consommé 15% de somnifères et de calmants en plus que la France, environ 3 fois plus que la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et l’Allemagne et 5 fois plus que la Norvège. Ce qui positionne notre petit pays sur la première marche du podium européen !

 

Apparemment, la médecine conventionnelle belge, jalouse de la médecine conventionnelle française, a voulu participer au financement des sports d’hiver des directeurs des laboratoires pharmaceutiques, et elle semble y arriver…

Évidemment, tout cela a un coût… 

En 2012, l’INAMI a remboursé, rien que pour les médicaments psychotropes (ceux qui sont utilisés pour les pathologies psychiques, à savoir les antidépresseurs et les antipsychotiques), dans les deux cent cinquante millions d’euros !

Une paille !

 

Et si cela changeait ?

 

Aujourd’hui, les fondements – explicites ou implicites – de notre système de santé sont les suivants :

–          Un système de santé très solidaire, très accessible, probablement un des meilleurs du monde… Mais justement, puisqu’il est un des meilleurs, peu de gens osent proposer des changements…

–          À noter qu’il ne faut pas confondre performance du système de santé et état de santé de la population ! Comme dans les autres pays occidentaux, notre mode de vie induit bien des troubles de santé !

–          Les 99% des budgets de santé publique sont alloués à la médecine curative, les budgets des politiques de santé préventive représentant moins d’1%.

–          L’INAMI est quasi exclusivement gouverné par des médecins, qui pratiquent une médecine « dure », sans aucune approche globale. Et aucun autre professionnel de la santé ne prend part aux décisions de cet organisme.

–          Les médicaments chimiques et les actes techniques (chirurgie, explorations, analyses, imageries, …) sont de plus en plus présents … et de plus en plus coûteux.

–          Un lobbying soutenu de big pharma se joue quotidiennement à tous les étages du milieu médical. Souvent, la prescription d’un médicament est, culturellement, la solution attendue par un patient chez son médecin. Un médecin qui ne prescrirait pas de médocs au moindre bobo n’est pas un bon médecin.

–          Les représentants des médecins et les doyens des facultés de médecine tiennent à leur monopole et refusent d’intégrer les médecines non-conventionnelles aux soins de santé belges (dont l’exercice autonome – sans avoir un médecin penché sur l’épaule du praticien – de la psychologie clinique et de la psychothérapie).

 

Et nos médecines non-conventionnelles, alors ?

En 1999, une loi – la loi Colla – a été inventée pour permettre une reconnaissance, à terme, des médecines alternatives.

Mais concrètement, on n’est nulle part…

Enfin, pas tout à fait… D’ici mai 2014, quatre pratiques seront (si tout va bien) régies par des arrêtés. Des chambres consultatives ont déterminé les actes autorisés et les formations exigées pour leur exercice. Avec plus ou moins de bonheur, plus ou moins d’erreurs de jugement, plus ou moins de décisions hasardeuses… Mais, bon, c’est mieux que rien…

Il s’agit de l’homéopathie, de l’ostéopathie, de l’acupuncture et de la chiropractie.

Vraisemblablement, ces médecines devraient bientôt voir les actes de leurs praticiens (et les produits prescrits lors des consultations) remboursés. Ce qui permettra à l’INAMI de faire des économies, partant du principe que les gens qui ont recours à ces techniques non-conventionnelles vont coûter moins cher que ceux qui continueront à se gaver de produits chimiques pour soigner (pour tenter de soigner, plutôt) des affections… Puisque nous parlons d’antidépresseurs, je me permets quand même de rappeler qu’une boîte de millepertuis est moins chère (et est généralement plus efficace[1]) que trois boîtes d’antidépresseurs chimiques !

 

Et les autres médecines ?

Ha, bin, les autres médecines/techniques (non-conventionnelles, voire conventionnelles mais peu connues), elles rament encore pour se faire reconnaître, ou, bien que reconnues, pour se faire admettre.

Normal : il ne faudrait pas trop faire de peine à la médecine technocratique ! Qui n’a pas encore compris que c’est en unissant nos forces qu’on arrivera à vaincre les maladies (dont les dépressions), et pas en nous combattant comme si nous ne voulions que piquer des clients aux médecins officiels !

Parmi ces médecines/techniques qui ont fait leurs preuves, nous avons …

–          la pharmacie clinique, qui vise à optimaliser l’efficacité du médicament, à minimaliser ses effets indésirables et à promouvoir son utilisation économique, tant à l’échelle de l’individu qu’à celle de la société. Elle est théoriquement reconnue, mais l’INAMI ne finance actuellement qu’une cinquantaine de postes dans les hôpitaux. Beaucoup trop peu ! Il en faudrait un dans chaque service de soin, dans chaque maison de repos !

–          la psychothérapie. Une lueur d’espoir est arrivée en ce printemps, avec le Parlement qui est en train de donner un cadre à cette profession. Mais on est loin d’une reconnaissance de l’INAMI.

–          la psychomotricité, qu’on connaît pour son travail dans les écoles, mais beaucoup moins dans les interventions individuelles pour aider des jeunes enfants à surmonter des difficultés relationnelles qui nuisent à leur développement. Les juges de la jeunesse et le SAJ reconnaissent le bon travail de ces professionnels, et sans eux, à combien de millions se chiffrerait le montant, déjà de 250 millions, des remboursements des psychotropes ?

–          la naturopathie. Inutile que je vous présente « ma » spécialité (une de mes spécialités). Une approche non-conventionnelle holistique, qui, n’est toujours pas officiellement reconnue malgré la recommandation de l’OMS d’intégrer cette discipline dans les systèmes de santé publique !

–          la nutrition, et la diététique. Bien utiles en ces temps de malbouffe généralisée.

–          la plupart des disciplines de massage et de relation par le toucher (shiatsu, réflexologie, watsu, fasciathérapie, drainage lymphatique, etc. …), bien utiles pour compléter les dispositifs existants et pour aussi aider à réapprivoiser son corps après toute forme d’accident, d’opération, d’agression, de trauma, etc. …

–          les approches relationnelles comme l’approche Snoezelen, l’art-thérapie (musicothérapie, etc. …), les thérapies aquatiques, etc. …

–          la kinésiologie, la microkiné, le trager, etc. …

–          et tant d’autres !

 

Et demain ?

Bin, « demain », en l’occurrence, c’est 2025. Dans onze ans.

Nous – les praticiens des médecines non-conventionnelles – essayons de mettre « quelque chose » sur pied, avec l’aide des hommes politiques, pour l’horizon 2025, à la fin du premier quart de ce siècle… « Quelque chose » qui pourrait être une politique de santé publique en accord avec ce qui est de plus en plus reconnu aujourd’hui dans le monde, « quelque chose » qui serait réellement au service de la santé et non au service des lobbys médicaux et pharmaceutiques, « quelque chose » d’innovant, de multidisciplinaire…

Au niveau médical, selon certains, la Belgique devient pire que le Sahara ! De moins en moins de médecins officiels, pour de plus en plus de malades ! Mais, bon, ça, ce n’est pas bien nouveau… Et bon nombre de pays qui refusent d’intégrer dans leurs soins de santé des pratiques non-conventionnelles voient ce scénario se répéter de plus en plus !

Depuis « la crise » (vous savez, cette fameuse crise qui a fait perdre tant d’emploi dans le monde ?), les industries belges ont viré, de 2008 à 2012, environ 56.100 emplois. Durant le même laps de temps, environ 63.400 emplois ont été créés dans la santé et l’action sociale ! Preuve que la Belgique a besoin de ces praticiens non-conventionnels, que les imbéciles veulent qualifier de « charlatans ». Bon nombre de ces emplois ont été créés dans des secteurs d’activités partiellement voire totalement financés par l’État, comme le système des titres-services, par exemple, mais aussi la santé et le social dans les maisons de repos et les hôpitaux, dans l’enseignement, etc. …

Évidemment, « on » va rétorquer qu’inclure ces pratiques dans le système de santé officiel, ça coûterait cher…

Ha oui ?

Non !

D’abord, parce que ça va créer des emplois dans « la santé au naturel ». Et qui dit emploi, dit … rentrée d’argent pour l’État[2] ! Rentrées directes et indirectes : si plus de gens travaillent, ils consommeront plus, et feront redémarrer l’économie… On considère qu’environ 25.000 nouveaux emplois seront créés d’ici 2025…

Ensuite, parce que, si de plus en plus de Belges se font soigner naturellement, le coût actuel des médicaments chimiques pourrait très bien être réaffecté au remboursement des soins de « santé naturelle ». Il ne s’agirait que d’un glissement de budget. Mais, évidemment, ça ne fera pas plaisir aux directeurs d’usine pharmaceutiques qui préfèrent voir le Belge dépenser cent euros pour un produit chimique dangereux et rarement réellement efficace, que de voir le même Belge dépenser septante-cinq euros pour se soigner naturellement… ‘va y’avoir du boulot pour changer cette mentalité, j’vous l’dis, moi !

Aussi parce que, si la médecine conventionnelle est la championne pour les interventions d’urgence, elle est relativement nulle dans la prévention et le traitement des maladies de longue durée. Alors que les médecines non-conventionnelles sont généralement à l’aise avec la prévention et les maladies chroniques. On peut supposer que si l’on développe la prévention, ça engendrera à plus ou moins long terme une réduction d’interventions lourdes qui coûtent bien cher. Mais là aussi, il va falloir se battre contre l’idée bien ancrée dans le lobby médical que toute personne, malade ou pas (pas encore) malade, c’est d’abord un consommateur (de médocs, de périodes d’hospitalisation, d’interventions chirurgicales, …).

Également parce que cette prévention pourra se répercuter sur les jours d’absence au boulot. Un travailleurs, absent suite à une maladie (ou à un « mal-être » général) coûte cher à son employeur, mais aussi à la société. Imaginez les économies (en matière d’absentéisme) si l’on intègre les médecines non-conventionnelles aux soins de santé !

Et enfin, parce que, ouvrir 25.000 emplois, ça va permettre de « virer » (à leur demande) 25.000 demandeurs d’emploi qui coûtent annuellement environ deux-cent-cinquante à trois cents millions d’euros !

Bref, sans entrer dans des calculs trop compliqués pour moi (mais je fais confiance à ceux qui ont effectué ces calculs), intégrer ces « nouveaux » soins de santé ne coûterait même pas un pourcent et demi (1,2986%) du budget actuel de l’INAMI ! Soit 376.500.000 €, dans un budget total de 29.002.515.000 € ! Trop cher pour avoir une population en meilleure santé qu’aujourd’hui ?

 

Oui, mais…

Il faut les ouvrir, ces vingt-cinq mille emplois, allez-vous rétorquer…

Exact…

Il existe actuellement dix-sept cent septante maisons « de repos » ou « de repos et de soins » en Belgique (et avec le vieillissement de la population, c’est loin d’être assez !). Et un peu plus de deux cents hôpitaux, des hôpitaux où il faut parfois attendre des mois pour obtenir un rendez-vous urgent[3] !

Une petite étude réalisée auprès de différentes fédérations (par l’ASBL Etopia) permet de constater qu’il faudrait au moins ouvrir les postes suivants :

HOR 2025

 

Et des politiques sont prêts à envisager de mettre en place ce genre de choses ?

Oui.

Par exemple, Muriel Gerkens, députée fédérale ÉCOLO. Qui adhère à 100% à ce qui est présenté ci-dessus, et est prête à se battre pour le remboursement des consultations chez les psychothérapeutes, chez les psychomotriciens, les pharmaciens cliniques et les … naturopathes !

Elle va jusqu’à proposer d’instaurer des « maisons de soins » avec des équipes pluridisciplianires…

Bon, bin, à suivre…

Ho, bien entendu, je n’oublie pas que nous sommes en 2014, une année électorale… Et que les promesses électorales, ma foi, on sait ce qu’il faut parfois en penser. Mais, il y a dix ans, aucun politicien n’aurait envisagé d’y penser… Petit-à-petit, l’idée fera son chemin… Parce que, comme nous l’a dit Victor Hugo, « rien n’est plus puissant qu’une idée dont le temps est venu » !

Croisons les doigts !

 


[1] Ce qui a été prouvé par un tas d’études scientifiques…

[2] Vous ne pensiez quand même pas que l’État oubliait de me réclamer des impôts (impôt, TVA, lois sociales, …) sur mes consultations ? Quand je reçois 35 euros pour une consultation, une fois que j’ai versé « la part de l’état », il me reste environ 17 euros !

[3] Dialogue authentique bien que résumé, dans un hôpital namurois : « Êtes-vous suivi par un médecin de chez nous pour telle pathologie ? » – « Oui, par la docteur X » – « Vous prendrez RDV chez elle le plus rapidement possible pour qu’elle nous transmette ses conclusions »… De retour chez lui, le patient appelle le secrétariat du docteur X : « Bonjour, je voudrais un RDV le plus rapidement possible » – « Le vendredi 16 mai » – « Mais … on m’a dit le plus rapidement possible… » – « Hé bien, c’est le plus rapidement possible, et si vous n’êtes pas content, appelez directement la docteur X pour vous plaindre ! » Ça se passait … début janvier !

 

 

Advertisements

2 réflexions sur “La Belgique a consommé en 2012…

  1. Bonjour, Eric
    Médecine reconnue ou pas, moi; j’y vais et c’est le résultat qui compte !
    Je te souhaite une bonne fin de semaine.
    Bisoux
    dom

    J’aime

Les commentaires sont fermés.