Cette après-midi de chandeleur, …

… au détour d’un commentaire, en réponse à Dame Cardamome, je disais que je devrais vous remettre en mémoire mon article sur « l’eau virtuelle »…

Que préférez-vous ?

Le lire ci-dessous, ou le lire sur la page originale, à la date du 17 septembre 2012 ?

Ci-dessous ? Ok, je vous le recopie, alors…

Voici :

 

Histoire d’eau !

 

Histoire d’eau, encore ?

 

Bah, que pourrait-on encore dire à propos de l’eau qu’on ne sache déjà ?

Voire…

Parce qu’il y a eau et eau…

Vous connaissez l’eau « normale ». Ce machin liquide, inodore, incolore et insipide qui sert à fabriquer les glaçons que vous mettez dans votre whisky…

L’eau, c’est un mélange de, grosso modo, un tiers d’hydrogène et deux tiers d’oxygène. Avec tout un tas de micro-éléments, comme du calcium, du sodium, du magnésium et tout un tas d’autre produits un –ium (et d’autres « résidus »)…

Le corps de la plupart des être vivants – l’humain compris – est constitué d’environ trois quarts d’eau.

Mais aujourd’hui, je ne vais pas exactement vous parler de cette eau-là.

Je vais vous entretenir (à la demande d’une fidèle lectrice) de ce que l’on appelle l’eau « virtuelle ».

C’est encore quoi, ce truc, allez-vous me dire… Encore un truc de charlatan ?

Si vous considérez que Tony Allan, un scientifique environnemental de Grande Bretagne, est un charlatan, bah, alors, oui, c’est un truc charlatanesque…

Tony Allan a calculé combien d’eau coûtait la fabrication de plusieurs produits d’usage courant, et si vous pensiez naïvement que, quand vous buviez un petit noir au zinc du bistro d’en face, cela coûtait juste les 125 millilitres d’eau que vous aviez dans votre tasse, vous vous fourrez royalement le doigt dans l’œil !

Vous avez l’habitude d’entendre parler d’économie d’eau : les écolos n’arrêtent pas de vous susurrer à  l’oreille qu’il faut plutôt prendre une douche qu’un bain, et qu’il faut utiliser le « petit bouton » quand vous avez fait votre « petite commission » aux waters.

Mais ici, pas question de seulement prendre en compte votre consommation mesurée par le compteur d’eau de votre habitation.

Dans son calcul, Tony Allan tient compte de toute l’eau utilisée, par exemple, pour arroser les vergers dans lesquels ont poussés les pommiers qui portent vos pommes, ou de l’eau consommée par les vaches qui vous fournissent du lait ou qui vous servent de steak haché (y compris l’eau utilisée pour arroser les céréales qu’on leur a refilée en guise de nourriture), ou encore l’eau utilisée dans toute la chaîne de production (extraction des minerais, fabrication de l’acier, des plastiques, …, jusqu’au produit fini) pour que vous puissiez conduire votre nouvelle voiture…

Bref, au lieu de 125 millilitres d’eau, sachez que la tasse de café que vous allez prendre sur votre chemin du travail « coûte » en réalité, en additionnant toute l’eau « invisible » utilisée pour que ce petit noir se retrouve sur votre table, environ … 140 litres d’eau !

Oui, vous avez bien lu. Je vous le réécris en toutes lettres si vous pensiez qu’il y a un problème de virgule : cent quarante litres d’eau ! Environ 93 bouteilles d’eau (des bouteilles de 150 centilitres).

Y compris l’eau utilisée au Kenya ou en Colombie pour produire le café (les grains), y compris l’eau utilisée pour faire fonctionner le bateau qui ramène les grains en Europe, y compris l’eau utilisée dans l’usine de torréfaction, dans l’usine d’empaquetage, dans votre magasin, et même l’eau utilisée dans le lave-glace du camion qui amène les paquets de dosettes dans votre magasin !

Bref, en buvant votre tasse de café de 125 millilitres, vous aurez en réalité consommé l’équivalent de 140 litres d’eau. Plus de mille fois plus !

C’est ça le principe de l’eau virtuelle…

Et, bien entendu, au plus un produit demande à être transformé, au plus il consomme de l’eau virtuelle !

 

Bon, allez, juste pour vous culpabiliser un peu, en plus de vous faire remarquer que vous consommez plein de bouteilles d’eau (pour boire) et plein de baignoires d’eau (pour vous laver) voici quelques « coûts » en matière d’eau virtuelle…

Donc, une tasse de café « coûte » en réalité 140 litres d’eau, soit 93 bouteilles.

Un verre de 12,5 centilitres de vin, c’est 120 litres d’eau, soit 80 bouteilles.

Une chope de 25 centilitres de pils, c’est 75 litres d’eau, soit 50 bouteilles.

Et quand je bois ma tasse de thé, je « gaspille » en réalité 30 litres d’eau, soit 20 bouteilles…

 

Mais il y a pire !

Bien pire !

 

Savez-vous qu’un litre de jus d’orange, c’est 850 litres d’eau ? Soit l’équivalent de quatre baignoires un quart (1 baignoire = environ 200 litres) !

Un litre de jus de pomme, c’est 950 litres d’eau, soit 4,75 baignoires !

Et un litre de lait (ce boooon litre de lait que vous devez obligatoirement boire quotidiennement – et faire boire à vos enfants sous peine d’être un mauvais parent – du moins si vous obéissez à la publicité), c’est mille litre d’eau, soit 5 baignoires ! Tout ça pour remplir les poches des industriels et – si l’on en croit les publicitaires – pour « manger du calcium », calcium qu’on trouve dans une bête tige de persil que vous pouvez faire pousser dans votre jardin, ou même dans un pot sur votre terrasse !

 

Il n’y a pas que les boissons qui consomment de l’eau. Les aliments solides également.

Vous mangez un hamburger, c’est 2.400 litres d’eau, 12 baignoires !

Tandis qu’une tranche de pain ne pompe que 40 litres d’eau, soit 26,5 bouteilles.

 

Un kilo de poulet ne consomme « que » 3.600 litres d’eau (18 baignoires).

Un kilo de steak utilise 4.650 litres (23 baignoires).

Faire pousser un kilo de riz utilise 3.400 litres d’eau (17 baignoires) MAIS la pollution engendrée par la culture du riz est beaucoup moindre que la pollution lorsque l’on pratique l’élevage, même du poulet !

Vous avez un creux ? Vaut-il mieux manger un œuf ou une orange ? Vous vous attendez à ce que je vous réponde « un œuf », puisque l’oranger doit être arrosé et que l’orange doit parcourir des milliers de kilomètres avant d’arriver dans votre assiette…

Ha oui ?

Un œuf, c’est 200 litres d’eau (l’équivalent d’une baignoire pleine).

Et une orange, c’est 50 litres, soit un quart de baignoire, ou 33 bouteilles.

 

Vous imprimez ce texte ?

Une page, c’est quelques millilitres d’eau pour l’encre … et 10 litres pour fabriquer chaque feuille A4 !

 

Un tee-shirt en coton, 2.700 litres.

Un drap en coton, 10.600 litres.

Et un jean, 11.000 litres !

 

Pour information, les prétendus pollueurs de Chinois consomment, par jour et par habitant, environ 1.923 litres d’eau.

Un Haïtien, 2.323 litres par jour.

Un Belge ou un Français gaspillent environ 5.137 litres d’eau par jour !

Quant aux Américains, ils consomment quotidiennement 6.803 litres !

 

Oserais-je vous dire que manger une tablette de chocolat de deux cents grammes équivaut à renverser 24 baignoires d’eau, soit 4.800 litres ?

 

Bon, je vous laisse, j’ai envie d’une petite douceur : je vais prendre 24 bains. Noir. Avec des noisettes hachées (mon préféré !)…

 

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14 réflexions sur “Cette après-midi de chandeleur, …

    • M’en fiche, je viens quand même d’en manger trois, avec du chocolat fondu !
      Na !
      C’est la journée des « écarts », aujourd’hui !
      Mais, bon, le chocolat, c’était du « pur » (ou presque : 87% de cacao).

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  1. ton article est vachement complet moi demain je ne fais qu’un résumé plus succint donc mais ça vaut le coup d’y lire mes lignes…MERCI! je viens de rajouter un lien vers ton article
    allez on passe à table…juste une part de cheesecake vu que vendredi je donne un repas (entre collègues de boulot) Tiens…je t’enverrrai le menu histoire que t’en baves! lol

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    • Rhaaa, le cheesecake : j’adore, mais n’en mange presque jamais. La dernière fois, c’était dans un resto sur une péniche, en août dernier. Et la fois d’avant, je ne sais même plus ni où ni quand, tellement ça date !

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  2. Bien de la chance!! Moi j’ai jeûné GASTRO !!!!!!! Alors que je fais attention à tout .. Les mains, laver les aliments etc…. reste une fatigue générale , des courbatures . Le lit toute la journée et bien sûr suis en repos !!!! . je n’ai même pas pris ma douche donc j’ai économisé je ne sais combien de litres d’eau Merci

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    • Oui, on a du mal à imaginer tout le gaspillage d’eau qu’un simple geste entraîne.
      Mais le scientifique qui a étudié ça a vraiment pris en compte toute l’eau qui a été utilisée pour arriver à un objet « fini ». Une tranche de pain, c’est quarante litres d’eau, mais là-dedans, il y a l’eau utilisée pour préparer la pâte et l’eau utilisée dans le four à vapeur du boulanger, mais aussi l’eau utilisée pour cultiver le froment (et la levure), mais aussi – et tout ça, on l’oublie – l’eau utilisée pour fabriquer le tracteur, la moissonneuse batteuse (que le fermier nettoie au jet d’eau après la moisson), le moulin (le bâtiment et les machines), le camion-citerne qui amène la farine chez le boulanger, la boulangerie (la fabrication du bâtiment, du four, des machines, …) et même l’eau qu’on utilise pour laver la boulangerie (là où l’on cuit et là où l’on vend) et ses appareils… Bon, ok, quand on divise le seau d’eau utilisé pour laver le sol du magasin où tu vas acheter ton pain par le nombre de tranches de pain vendues entre deux nettoyages, ça ne fait peut-être qu’une cuillère à soupe d’eau (je n’en sais rien, je n’ai pas fait le calcul), et quand on divise le litre d’eau versé dans le lave-glace de chaque machine agricole ou de transport, ça fait en core moins par tranche de pain fabriquée, mais apparemment, une cuillère à soupe d’eau par ci, une cuillère à café d’eau par là, trois gouttes ailleurs, et six gouttelettes de ci de là, au final, quand on additionne tout (y compris le fait que le boulanger, quand il travaille, il transpire plus que s’il était dans son lit, donc, il boit plus – d’eau – que s’il dormait), le chercheur qui nous a pondu ça arrive au nombre impressionnant de quarante litre pour une tranche de pain.
      Même le fait de boire un verre d’eau, ça « coûte » plus que la contenance du verre. Le verre, il a fallu le fabriquer. Combien de litres d’eau faut-il utiliser pour fabriquer un seul verre ? Et combien en a-t-il fallu pour fabriquer, selon le cas, la bouteille en verre, la bouteille en plastique, la boîte métallique ou le tuyau de la canalisation qui amène l’eau au robinet ? Un fois que tu as vidé ton verre d’eau, tu le laves avant de l’essuyer … de l’essuyer avec un morceau de tissu qu’il a fallu utiliser des litres d’eau pour le fabriquer (et des litres d’eau pour le laver régulièrement, avec de la lessive – en poudre ou liquide – qui est fabriquée à base d’eau, le laver dans une machine à laver qu’il a fallu fabriquer avec de l’acier et du plastique, ce qui a demandé des tonnes d’eau), … etc. !
      Je sais, c’est incroyable, mais … vrai…

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      • Il faut tout de même aller chercher loin et les machines fabriquées, la culture du blé etc … ne servent pas qu’à une tranche.
        Mais enfin, il a bien dû s’amuser à faire tous ces calculs …

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        • Bin, oui, mais quoi qu’on dise, une goutte par ci, une goutte par là, ça monte vite à plusieurs litres…
          Juste pour le plaisir (puis je me remets au boulot), je viens de passer sur le site officiel (histoire qu’on ne vienne pas me dire que je répète ce que racontent des « charlatans ») « eau France ».pour y lire que, pour fabriquer un kilo d’acier (on ne va pas loin, avec un kilo d’acier, pour faire un tracteur, un camion, ou un pétrin mécanique…), il faut entre trois et six cents litres ! Faisons une moyenne, disons quatre-cent-cinquante litres d’eau pour faire un kilo d’acier. Un kilo d’acier brut. Il faut ensuite le façonner, ce qui consomme aussi beaucoup d’eau ! Prenons un petit crochet d’un petit pétrin. Il pèse déjà aux alentours d’un kilo. Pour le fabriquer (acier + façonnage), il aura fallu plus de mille litres d’eau. Et on ne parle que du crochet. Il faut ajouter la cuve, le moteur, la table en acier inoxydable, etc. … OK, avec un seul crochet, on va faire des millions de tranches de pain. Mais je le répune goutte plus une goutte plus une goutte, …, ça finit par faire des litres.
          Comme tu dis, il a dû se marrer, le bonhomme qui a calculé ça !

          Note pour celles z’et ceux qui, après avoir lu cet article, décideraient de ne plus boire d’eau…
          Selon le site « eau France », on peut lire que pour fabriquer UN litre d’alcool, il faut CENT litres d’eau (et on ne parle même pas de la fabrication de la bouteille).

          😆
          Bonne journée !

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  3. Bonjour Eric,
    Un peu à côté du sujet mais néanmoins relatif à l’eau. Que pensez-vous des distillateurs d’eau ? Cela fait une année que je pense me lancer dans cette acquisition.
    Merci !
    Josi

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    • Il faudrait d’abord que je sache ce qu’est exactement un « distillateur » d’eau…

      Un appareil pour faire de l’eau distillée ?
      Dans ce cas, c’est un alambic dont il s’agit, et sa possession est soumise à toute une flopée de lois, de réglementations, parce qu’avec ça, on peut distiller de l’eau, mais aussi … de l’alcool, et ça, les messieurs des « douanes et accises » (ou quel que soit le nom de ce service en France) n’aiment pas. Mais alors, pas du tout !
      Et puis, à part pour en faire une petite cure une fois de temps en temps (une semaine à raison d’un litre par jour), l’eau distillée ne sert pas à grand chose dans un ménage. Pour l’usage que j’en fais, je me contente d’en acheter un bidon de cinq litres de temps en temps chez mon pharmacien…

      Ou alors, un appareil qui servirait à filtrer l’eau du robinet pour la rendre plus propre à la consommation ?
      Dans ce cas, il existe tellement de sortes de filtres qu’il est difficile d’en parler en quelques lignes.
      Il y a d’abord la « bête » carafe filtrante. Si l’on change le filtre très souvent, c’est parfait pour rapidement « nettoyer » une eau de ses « grosses molécules », mais les résidus de tout un tas de saloperies passent quand même.
      Il y a ensuite le filtre à osmose inverse. Je l’aime bien parce qu’il nettoie assez bien (et même très bien), tout en restant dans des prix corrects (pour moins de mile euros, on installe – à vie – un filtre à osmose inverse sur un point d’eau dans sa cuisine, qui ne sert que pour boire et cuisiner). Ses détracteurs affirment que les minéraux sont enlevés également, mais, bon, ça tombe bien, parce que je ne fais pas partie des gens qui conseillent des eaux minérales très minéralisées. Au plus l’eau est pure, au mieux c’est.
      Alors, il y a tout un assortiment d’appareils que je ne connais pas. Dont une marque (dont j’ai oublié le nom) qui, apparemment, se diffuse par marketing de réseau, et qui compare les différents systèmes (en ayant soin d’expliquer que leur système est le meilleur). « Ils » m’ont envoyé de la pub, que j’ai commencé à lire, mais j’ai arrêté de lire quand je me suis rendu compte que le seul gros reproche fait à l’osmose inverse, c’était de virer les minéraux (à part son prix, mais finalement, leur système coûte à peu près le même prix). Ça tombe bien, c’est ce que je cherche. Donc, je ne suis jamais allé plus loin dans mes recherches.
      J’ai retrouvé la marque : marie-annekucera.cartis-france.com

      Bon, maintenant, s’il s’agit encore d’autre chose, là, j’avoue mon incompétence en la matière…

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  4. que d’eau que d ‘eau
    si tu voyais ce qui tombe chez moi
    et pour tes crêpes mazette rien que trois MDR
    j espére quelles étaient de premières
    kenavo bonne fin de journée

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