Ostara, ou l’équinoxe de printemps

Le mot Ostara n’est qu’un des noms donnés à la célébration de l’équinoxe de printemps (généralement le 21 mars), date à laquelle les durées du jour et de la nuit sont égales[1].

Le Vénérable Bède[2], premier historien anglais, raconte que l’origine du mot est Éostre, une déesse germanique du printemps.

Éostre qui s’accouple, au beau milieu du printemps, avec le « Jeune Dieu » (qui porte généralement le nom d’Homme vert[3]), qui lui fait un enfant, lequel enfant naîtra neuf mois plus tard. C’est la naissance de Yule[4] !

D’autres appellations d’Ostara : Oestara, Jour d’Éostre, Rite d’Éostre, Alban Eilir (nom druidique de cette fête), Festival des arbres, Équinoxe de Printemps, Fête du Printemps…

Ostara, c’est également la célébration de la fête chrétienne de Pâques. Laquelle célébration a remplacé la célébration païenne de la plantation des futures récoltes champêtres. L’église n’a pas eu beaucoup à faire pour « déloger » cette célébration du printemps, car, finalement, les anciens Celtes ne la fêtaient pas de manière très exubérante, même s’ils étaient tous d’accord pour affirmer que l’équinoxe de printemps est un moment important dans la roue des saisons.

Mais, même si Ostara fut peu fêtée, des traditions sont quand même restées.

Je vous disais qu’Ostara venait de la déesse Éostre. On la fêtait à la Pleine Lune qui suit l’équinoxe de printemps (tiens ? ça ne vous rappelle rien ? comment calcule-t-on la date de Pâques ?[5] ça y ressemble pas mal, ne trouvez-vous pas ?).

Une légende populaire veut qu’Éostre, ayant un jour trouvé un oiseau blessé, à la fin de l’hiver, l’ait transformé en lièvre pour lui sauver la vie. Mais pour je ne sais quelles raisons, la transformation ne fut pas complète, et bien qu’ayant pris l’apparence d’un lièvre, l’oiseau a conservé la capacité à pondre des œufs, des œufs qu’il a décorés et qu’il a offerts à Éostre (tiens ? ça ne vous rappelle rien, cette histoire d’œufs décorés à offrir ?).

Le printemps, c’est le temps de la fertilité. Dans les sociétés médiévales d’Europe, le lièvre (le Lièvre de Mars) a été considéré comme un symbole de fertilité importante. La religion chrétienne a eu beau essayer de remplacer le lièvre (un fameux coucheur, quand même, ce lièvre, ce qui ne convenait pas trop au puritanisme de la religion) par des cloches qui vont à Rome chercher des œufs, le symbole du lièvre est quand même resté dans bon nombre d’endroits (surtout dans les pays germaniques).

 

 

Cette célébration de l’équinoxe de mars se retrouve un peu partout dans l’hémisphère nord…

Il y a eu, je viens de vous en parler, la déesse lunaire Éostre qui concevait, avec un dieu de la fertilité, un enfant qu’elle mettrait au monde à la fête de Yule.

Il y a eu la légende du dieu romain Mithra (une histoire qui ressemble un peu à celle de Jésus Christ : Mithra est né au solstice d’hiver et est ressuscité au printemps, et il a aidé ses disciples à monter dans un royaume de la lumière après leur mort). Cette résurrection printanière était célébrée dans tout l’empire romain.

Il y a eu, toujours dans la Rome antique, les adeptes de Cybèle qui croyaient que leur déesse avait un époux (né d’une vierge[6]) nommé Attis, qui mourrait puis ressuscitait chaque année entre le 22 et le 25 mars.

Il y a eu toute une dynastie de rois perses (la dynastie Achéménides) qui a célébré l’équinoxe de printemps avec une fête qui durait treize jours, et qu’on appelait « No Ruz » (jour nouveau)». Une célébration de l’espoir et de renouveau qu’on observe encore aujourd’hui en certains endroits de l’ancienne Perse. Une célébration qui plonge ses racines dans le zoroastrisme. C’est ainsi qu’en Iran, un festival appelé Chahar-Shanbeh Suri a lieu juste avant No Ruz : les gens se purifient, purifient leurs maisons et sautent par-dessus de feux pour accueillir le début de la célébration des 13 jours de No Ruz.

Il y a même eu une fête de l’équinoxe du printemps chez les Mayas, le « Retour du Serpent Sun », et ce, depuis les temps les plus anciens.

 

Et aujourd’hui.

Hé bien, aujourd’hui, à part chez quelques « anciens Perses », il n’y a pratiquement plus que les wiccans et les pagans (les païens modernes) à célébrer Ostara comme un renouveau, comme une (re)naissance.

Prenez le temps de célébrer et d’observer la vie nouvelle qui vous entoure dans la nature, à l’occasion d’une promenade dans un parc, d’une randonnée à travers une forêt. Émerveillez-vous devant ce renouveau de la vie printanière : les arbres, les fleurs, les insectes, les oiseaux… Méditez sur la mouvante Roue des Saisons…

En pratique, c’est le bon moment de l’année pour commencer vos semis (si vous cultivez un jardin, sinon, une jardinière sur votre balcon, avec des herbes aromatiques, c’est très bien également).

Bienvenue aussi à l’écologisation de la terre : avez-vous entendu parler des « Incredible Edible » ?


[1] Étymologiquement, du latin æquinoctium, formé de æquus (égal) et nox (nuit) : la nuit est égale (au jour). Et tant que nous sommes dans le vocabulaire, je vous signale que l’équinoxe de printemps s’appelle aussi équinoxe vernal.

[2] Beda Venerabilis, moine anglais, historien, linguiste et traducteur. Il est le saint patron des écrivains anglais.

[3] Ce Jeune Dieu est parfois représenté comme un arbre (ou au moins entouré de verdure : un « écolo » avant l’heure). Des arbres ou des mâts sont parfois utilisés lors de festivités d’Ostara, et représentent le sexe du Jeune Dieu.

[4] Yule. Une fête qui se déroule donc … au moment de la Noël… Qui est devenue une fête d’une naissance divine… Incroyable comme les religions se copient, ne trouvez-vous pas ?

[5] « Pâques est le dimanche qui suit le 14e jour de la Lune qui atteint cet âge le 21 mars ou immédiatement après », définition officielle du Concile de Nicée en 325.

[6] Décidément, les histoires se suivent et se ressemblent !

 

 

 

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3 réflexions sur “Ostara, ou l’équinoxe de printemps

  1. Billet très intéressant, j’avoue que cette année, j’ai complétement « zappé » le printemps sur mon blog, pourtant je suis intéressé par les fêtes paiennes, celtiques notamment. En tout cas, tu m’apprend l’origine de l’anglais « Easter » ! Passe un très beau printemps

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  2. merci de ce très bel article
    c ‘est pourtant la nature immuable qu’ il faut célébrer ,
    en la regardant au fil des saisons , on y trouve toujours quelques choses en réponse à nos question
    les humains qui se plaisent à tout détruire ferait bien de réfléchir
    les anciens vénéraient la nature mais hélas tout cela à disparu
    bonne journée pour toi
    , kénavo

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