Stévia : danger, ou pas ?

 

Voici quelques jours, je reçois un mail de ma fille.

Elle est enceinte (bah, oui, je crois vous l’avoir dit : je vais devenir grand-père en février) et sa gynéco lui a supprimé le sucre. Jusque là, rien que de très normal (sa gynéco ne fait jamais que confirmer ce que je lui avais déjà dit).

Mais…

Ma fille, comme des millions d’Européens[1], aime bien boire un truc sucré de temps en temps. Et donc, en digne fille de son père, vu qu’elle détesterait refiler des produits chimiques (du genre aspartame et autres saloperies) au futur bébé, elle a acheté une bouteille de sirop de menthe à la stévia.

Où est le problème, alors ?

Bin, le problème, c’est qu’un remord de conscience lui a fait faire des recherches sur Internet[2], et là, elle est tombée sur des sites où l’on affirme sans rire que la stévia est … abortive !

Pour une future maman, forcément, ça fait un choc…

Et on y ajoute, pour faire bon poids, que la stévia serait déconseillée, en vrac, aux asthmatiques, au gens qui ont des ennuis cardio-vasculaires, et on ajoute même que ça provoque le cancer ! Sans oublier le célèbre duo comique « Jean Passe & D. Meilleur » !

 

Alors ?

Bin, alors … ON SE CALME.

On respire, et on analyse la chose…

 

Premier point qui me vient à l’esprit.

Si les indiennes des hauts plateaux d’Amérique du Sud (où pousse naturellement la stévia) utilisaient cette plante pour avorter, c’était en en faisant une décoction concentrée.

MAIS, consommée en dose « normale »[3], cette plante n’est pas plus abortive que le persil ou la sauge (plantes pourtant réputées également pour leurs propriétés abortives).

Même si les toubibs ne sont pas toujours très au courant des propriétés des plantes et qu’ils sont formatés, dès leur première année de formation, par le lobby pharmaceutique (dont ils deviennent rapidement les plus grand pourvoyeurs avec les pharmaciens), ils ne sont quand même pas stupides non plus, et pourtant, avez-vous déjà entendu un(e) gynécologue interdire à une future maman de manger du persil ou de la sauge ?[4]

Alors, pourquoi la stévia serait-elle subitement déconseillée ? Alors qu’en Asie, on en consomme depuis des dizaines d’années (plus de huit lustres que les Japonais en mangent à la louche, rejoints par la suite par d’autres pays asiatiques dont la Corée et la Chine,) sans que je n’aie jamais entendu dire que la natalité baisserait dans ces pays à cause des avortements dus à la consommation de stévia !

 

Et là, second point qui me vient spontanément à l’esprit…

Voici quelques années (depuis une dizaine d’années environ), les industriels ont demandé hypocritement à l’Europe l’autorisation de mettre sur le marché la stévia.

Hypocritement ? Bah, oui, parce que, surfant sur la vague du « bien-être », ils ne voulaient pas se faire montrer du doigt s’ils n’incluaient pas dans leurs offres[5] des produits à base de cette plante (naturelle et tout et tout)… Alors que, tout compte fait, ça ne les intéresse pas trop de devoir commercialiser des produits à base de stévia parce que ça leur coûte plus cher que le « bête sucre » ou que l’aspartame…

La stévia ? Pas exactement : dans d’autres régions du monde, on utilise, on commercialise « la stévia », la plante. Vous pouvez acheter une botte de stévia comme vous achetez ici une botte de persil. En Europe, les industriels, qui savent de quel côté leur pain est beurré, se sont arrangés pour faire admettre la stévia dans la liste des produits autorisés (ce que tout le monde applaudit), MAIS ils se sont aussi arrangés pour qu’on ne puisse pas commercialiser … la plante en elle-même, mais uniquement un extrait de cette plante ! Un extrait nommé rébaudioside A (à vos souhaits).

Vous voyez la nuance ? On fait semblant de promouvoir une plante somme toute bonne pour la santé, mais on s’arrange pour que l’on ne puisse commercialiser qu’un extrait, lequel extrait demande des techniques que seuls les industriels pourront mettre en œuvre ![6]

Pas mal, le côté hypocrite de la chose, n’est-ce pas ? Si vous aviez encore la moindre parcelle d’illusion quant à l’altruisme des industriels, il serait peut-être temps de l’effacer de votre cerveau : NON, un industriel, ce n’est pas altruiste, ce n’est pas généreux, ce n’est pas désintéressé, et ça ne pense qu’à une seule et unique chose : son argent !

 

Et c’est alors que m’est venu à l’esprit ce troisième point…

Mais là, il ne s’agit que de spéculation de ma part… Rien de formel, juste une supposition (plus ou moins confirmée quand même par le fait que ce serait bien dans la manière de procéder des lobbies, et que ce ne serait pas la première fois qu’ « ils » mettraient en œuvre ce genre de chose[7]).

Et si …

Et si, les allégations de possible dangerosité de la stévia étaient insidieusement instillées par les industriels eux-mêmes ?

Dans quel but ?

Réfléchissons…

Imaginons que je sois industriel. Et que j’utilise depuis des années du sucre et de l’aspartame pour rendre accros mes clients à mes produits. Et que, maintenant, je sois poussé par des méchants naturopathes et d’autres spécialistes de la santé au naturel, à envisager de produire des machins plus naturels avec de la stévia. Mon problème, c’est que la stévia me coûtera plus cher que le sucre ou l’aspartame ! Alors, je me dis que si, de ci, de là, quelques sites racontent que la stévia, ça pourrait être cancérogène (le cancer : la peur du siècle), ou que ça sert à faire avorter les futures mamans (les bébés, ce à quoi on ne touche pas dans notre civilisation), …, bin, peut-être que les gens finiront par croire toutes ces billevesées, et qu’ils ne me commanderont peut-être pas trop de produits à la stévia, me permettant de continuer à vendre plein de machins bourrés de sucre ou d’aspartame…

Vous suivez mon raisonnement ?

Mais il ne s’agit que d’un simple raisonnement, pas de quelque chose qui aurait été prouvé par une enquête quelconque…

N’empêche que …

 

Bon, alors, la stévia ?

Dangereuse[8], ou pas ?

Bin, à mon avis, non. Mais il ne s’agit que de mon avis…

 

 

 


[1] Même si j’évite de le faire pour des raisons de santé, moi aussi, j’aime bien boire un truc sucré de temps en temps. Difficile de combattre des années de conditionnement. Conditionnement par la publicité des industriels qui nous poussent à consommer toujours plus de sucre pour remplir un peu plus leurs portefeuilles… Conditionnement par les parents (eux-mêmes conditionnés par la pub) qui offrent une « sucrerie » à leurs enfants pour les consoler ou les récompenser, liant ainsi irrémédiablement le sucre à une idée de bien-être… Si vous êtes parent, pensez-y la prochaine fois que vous voudrez offrir un « bonbon » à votre enfant qui vient de rentrer de l’école avec un bobo au genou ou, au contraire, avec un grand sourire aux lèvres parce qu’il a reçu un « bon point » (ça existe encore, ça ?) de « la maîtresse d’école »…

[2] Le meilleur endroit pour trouver de l’information … une information qui affirme parfois tout et son contraire, malheureusement ! Difficile de choisir « le » bon site qui va offrir « la » vérité (pour peu qu’elle existe réellement). Sachez que quoi que je veuille prouver, je vais trouver des sites qui vont corroborer mes dires ! Le tout est de choisir les bons sites avec les bonnes informations sérieuses, et ce n’est pas toujours de la tarte (ou du gâteau : encore un rappel que, le sucre, c’est du bien-être)…

[3] Je ne pense pas que boire un (ni même trois) verre(s) de menthe à l’eau par jour, ce soit une consommation vraiment « anormale »…

[4] Il est vrai que tout ce qu’affirment lesdits médecins n’est pas non plus exempt d’erreurs (voire de mensonges), mais, bon, d’un autre côté, la sagesse populaire ne présente pas non plus le persil ou la sauge comme « interdits aux femmes enceintes »…

[5] Offre ? Drôle d’appellation commerciale pour quelque chose qui n’est jamais « offert » mais qui est vendu aux clients… Mais la langue française est ainsi faite qu’on remercie quelqu’un dont on n’est pas content de son travail ou qu’on dit d’un homme qu’il s’éteint quand il meurt alors qu’on le dit « feu » une fois qu’il est mort…

[6] Rassurez-vous : « ils » n’ont pas encore réussi (comme « ils » l’ont fait avec le tabac) à faire interdire la culture de la plante elle-même : vous pouvez en toute légalité (sans payer de taxes ni d’accises) cultiver des plants de stévia sur votre balcon ou dans votre jardin, et en récolter les feuilles avec lesquelles vous pouvez sucrer une tisane ou un thé : une feuille de stévia dans une théière avec deux-trois feuilles de menthe et un peu de thé vert, et vous allez avoir une tasse d’une boisson géniale.

[7] Pas plus tard qu’il n’y a guère, quand des chercheurs français ont proclamé que les OGM étaient dangereux pour la santé, immédiatement, « on » a publié (ou fait publier) des articles pour déstabiliser les consommateurs en attaquant, non pas les conclusions de l’étude (la ficelle eût été trop grosse), mais la personnalité des auteurs, ou la méthode utilisée, ou le type de rats utilisés, … Calomniez, calomniez, il en restera toujours bien quelque chose !

[8] Dangereuse pour notre santé, pas pour la santé du portefeuille des industriels !

 

 

 

 

 

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Une réflexion sur “Stévia : danger, ou pas ?

  1. Les industriels feront toujours croire que leurs produits sont bons pour vendre. Nous sommes leurs cobayes… ils font croire que les ogm sont bon, Nutella dit que l’huile de palme est bonne pour la santé, et ainsi de suite. Ceux qui valident la commercialisation en europe et autres sont corrompus et nous mettent en toute connaissance de cause en danger. La chimie ne sera jamais bonne pour l’homme, le nombre de cancer ne fait qu’augmenter avec toutes les saloperies dans notre alimentation, les vetements etc boycottons, nous sommes les 99% contre les 1% qui dirigent le monde.

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