Éduquez votre ghréline, bon sang !

 

Ma quoi ? C’est quoi, encore, ce truc, ces gremlins ?

Ghréline ! Pas gremlins !

La ghréline, c’est une hormone. Donc, un système de messagerie. Vous savez que les informations se promènent dans votre organisme soit sous forme d’impulsions électriques, soit sous forme chimique.

Pour résumer très fort, la ghréline, c’est une hormone qui se diffuse dans votre organisme à partir de votre tube digestif, pour donner des indications à votre cerveau sur votre sensation de faim : s’il y a beaucoup de ghréline dans votre sang, votre cerveau en déduit qu’il n’y a rien à manger dans votre tube digestif, et quand de la nourriture arrive dans votre estomac, le taux de ghréline diminue, et au bout de quelques minutes, votre cerveau sait que vous avez assez mangé et il diminue votre appétit.

Elle ne sert pas qu’à ça, mais c’est cette fonction qui nous intéresse aujourd’hui.

 

D’abord, un petit rappel…

Aviez-vous lu mon article sur le fait que « manger en pensée » équivalait, pour votre cerveau, à « manger réellement » et que celui-ci diminuait votre appétit quand vous commenciez à manger seulement après avoir imaginé durant de longues minutes le festin que vous alliez faire ?

Si vous ne l’avez pas lu, c’est trop tard, il n’est plus visible sur l’ancienne plateforme, mais il est facile à résumer en quelques mots : si avant de commencer votre repas, vous vous imaginez durant une dizaine de minutes que vous êtes déjà en train de savourer votre plat, votre cerveau ne verra pas la différence entre votre imagination et la réalité, et quand vous commencerez à manger réellement, il va baisser votre appétit comme si vous étiez déjà en train de manger depuis une dizaine de minutes.

Une manière comme une autre d’utiliser votre imagination pour manger moins et pour perdre du poids.

 

Et bien, l’étude dont je vais vous parler ce jour va encore plus loin.

Il s’agit d’une étude faite conjointement par l’université Yale et l’université d’Arizona.

Une étude qui explique que le fait de percevoir quelque chose comme calorique ou comme non calorique peut influencer votre satiété !

 

Je vous explique le déroulement.

Des gens.

À qui on propose un milk-shake.

Milk-shake étiqueté, pour les uns, à 620 calories, ou pour les autres, à 140 calories.

Mais les deux milk-shakes sont identiques et contiennent en réalité 380 calories.

Les gens boivent leur milk-shake, puis on leur demande d’évaluer le goût de ce qu’ils viennent d’avaler, et d’évaluer s’ils ont encore faim.

Et, pour confirmer la sensation de faim ou de satiété, on prélève un échantillon de sang pour mesurer le taux de ghréline.

 

Et là, ô stupeur, alors qu’ils avaient tous avalé exactement la même chose, les participants qui pensaient avoir mangé un milk-shake …

… « très calorique » voyaient leur taux de ghréline chuter (donc, ils avaient moins faim) ;

… « light » ne faisaient baisser que faiblement leur taux de ghréline (donc, il ne se sentaient pas rassasiés).

 

Conclusion de l’étude : si vous pensez manger quelque chose de peu calorique, quelle que soit la composition nutritionnelle réelle, votre cerveau va réagir comme si vous aviez réellement mangé très peu. Et donc, vous aurez envie de continuer à manger.

À l’inverse, si vous êtes persuadé(e) que vous venez de manger quelque chose de « lourd », votre faim va diminuer, même si, finalement, ce que vous mangez ne contient « presque rien ».

 

Conclusion personnelle :

Depuis le temps que je vous dis de ne pas vous « mettre au régime » !

Rien que le fait de penser que vous êtes « au régime », ça vous titille l’esprit et ça vous donne envie de manger plus pour compenser le prétendu faible apport de ces produits étiquetés par votre cerveau comme « light », que vous consommez !

 

Un débouché ?

Oui, on pourrait ouvrir des centres de cure où les clients se verraient servir des grosses portions de produits qu’on leur présenterait comme étant caloriques (alors qu’en réalité, ce seraient des produits très allégés). Le cerveau des patients, croyant manger du « lourd », ferait automatiquement baisser leur appétit avant l’ingestion de trop de calories. Mais, bon, vu que ce serait difficile de longtemps garder le secret sur le procédé, les patients finiraient par savoir qu’ils mangent en réalité du « léger » alors qu’on leur dit que c’est du « lourd », et forcément, le cerveau ne se laisserait plus piéger.

Mais un autre débouché pourrait être de trouver … quelque chose (en espérant qu’il ne s’agisse pas encore d’un procédé chimique qui ferait plus de mal que de bien) qui ferait baisser le taux de ghréline dans le sang. Et éventuellement augmenter le taux de leptine, une autre hormone qui agit dans l’autre sens et provoque la satiété. Des études sont en cours en ce sens… Un jour, peut-être ?

 

En attendant, essayez de vous calmer, de vous relaxer… Il a été constaté que le stress faisait grimper votre taux de ghréline, et c’est pour cela que votre faim augmente quand vous êtes stressé(e).

 

 

 

Advertisements