Occlusion intestinale

 

« Intestinale », tout le monde comprend : ça a trait aux intestins.

Mais « occlusion » ?

En médecine, une occlusion, c’est quand quelque chose est bouché.

Et donc, une occlusion intestinale, c’est votre intestin qui se bouche !

Qui se bouche ?

Oui, c’est ce qui arrive en cas d’occlusion intestinale : il se produit un bouchon, un obstacle au bon déroulement du transit intestinal.

À cause de quoi ?

Soit à cause de problèmes purement mécaniques : il y a un obstacle physique le long de l’intestin. Par exemple, l’intestin se tord après une opération chirurgicale dans l’abdomen. Ou une tumeur bénigne ou maligne bouche le tube… Dans ce cas, le traitement est généralement d’ordre chirurgical…

Soit à cause de fonctions en panne : l’intestin se met en grève, arrête de fonctionner. Ça peut provenir d’une infection (les cas les plus courant : une appendicite, une péritonite, …), d’une inflammation (une pancréatite aiguë peut provoquer cette grève), ou suite à une prise de médicaments, suite à une anesthésie… Et dans ce cas, il n’est généralement pas utile d’opérer : une mise à la diète et le traitement de la cause suffiront à rétablir petit à petit les fonctions temporairement en cessation d’activité.

 

Dangereuse, l’occlusion ?

Oui, et non…

Si elle est rapidement traitée, elle est surtout désagréable.

Mais en cas de non traitement, elle peut, ni plus ni moins, se révéler … mortelle ! Vous connaissez l’histoire des organes qui voulaient devenir le chef du corps, y compris l’anus (le bout de l’intestin). Tous les autres organes se sont mis à rigoler de la candidature de l’anus, jusqu’à ce que celui-ci se mette en grève. Et les autres organes ont finalement dû reconnaître la suprématie de ce bout d’intestin ! Imaginez dans la vie réelle ce que ça pourrait provoquer !

Bon, maintenant, pas de panique : c’est vrai qu’on peut mourir d’une occlusion si elle est présente depuis un bon moment, mais il faut reconnaître que ce n’est pas très fréquent dans nos pays. Heureusement. Parce que les patients ont la bonne idée de consulter (parfois pour rien, d’ailleurs, mais peut-être vaut-il mieux consulter pour rien que rater une occlusion et en mourir).

 

Quels sont les pistes pour reconnaître une occlusion ?

Il y a trois signes qui, s’ils se retrouvent simultanément, vous font dire qu’il serait peut-être grand temps de passer dire bonjour à votre toubib…[1]

UN : des douleurs abdominales et un ventre gonflé (les liquides – salive, suc gastrique, bile, suc pancréatique, … – étant toujours produits et ne pouvant plus s’évacuer, c’est normal que tout gonfle).

DEUX : des vomissements (lesdits liquides finissent par déborder !).

TROIS : un arrêt du transit (logique : si c’est bouché, plus rien ne sort de l’intestin).

Si l’occlusion est due à une « bride post-opératoire », les douleurs et les vomissements peuvent arriver de manière très brutale. C’est moins brutal dans les autres cas.

Quant à l’arrêt du transit, il varie (dans le temps) selon l’endroit et la cause de l’occlusion.

 

Certains ajoutent la fièvre aux symptômes d’une occlusion.

La fièvre n’est pourtant pas directement liée à une occlusion. Elle peut cependant apparaître concomitamment à une occlusion. Exemples… Une appendicite peut provoquer de la fièvre et une occlusion. Même chose pour une pancréatite. Une occlusion peut faire déchirer un intestin, ce qui va provoquer une péritonite, laquelle péritonite va provoquer de la fièvre. Mais ce n’est pas l’occlusion qui provoque directement la fièvre…

 

Qui est le plus à risque ?

Tout le monde peut choper une occlusion intestinale, évidemment. Mais on se rend compte que, statistiquement, certaines personnes sont un peu plus à risque que d’autres.

Les personnes qui ont été opérées de l’abdomen (appendicectomie, par exemple), même si cela remonte à plusieurs années ! Au plus l’acte chirurgical était invasif, au plus le risque est grand (c’est pour cela qu’actuellement, on pratique de nombreuses opérations par laparoscopie, nécessitant plus d’habilité de la part du chirurgien, mais théoriquement un peu « moins dérangeante »).

Les personnes âgées et les nourrissons.

Et les personnes qui ont déjà fait des occlusions intestinales…

Mais, encore une fois, pas de panique. Cela n’arrive pas couramment. Personnellement, je n’ai connu dans ma carrière qu’un cas d’occlusion intestinale. Un septuagénaire, grand consommateur de médicaments chimiques : son tube digestif s’est mis en grève, en ayant apparemment marre d’être martyrisé chimiquement à longueur de journée. Traitement : jeûne immédiat (y compris eau et médicaments !) durant 36 heures, jusqu’à ce que l’intestin recommence à fonctionner…

 


[1] Je sais que d’habitude, je prône une médecine naturelle, mais dans ce cas-ci, il s’agit d’une (relative) urgence, qui a plus sa place dans un cabinet d’un médecin conventionnel que dans mon bureau. Pourtant, une occlusion intestinale, selon sa cause, pourrait très bien être traitée naturellement… Cependant, ne pouvant légalement pas demander (dans nos pays) à ce qu’on procède à des analyses complémentaires, je suis bien forcé d’envoyer le patient chez un généraliste qui prescrira, lui, lesdites analyses complémentaires… Administration, quand tu nous tiens…

 

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